1+1=salade ?

Paléolithique, mais presque

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Passage à l’échelle

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Nous avons pris récemment contact avec un groupement d’achat pas loin de chez nous. Après le premier contact téléphonique, on nous a dit que le groupement d’achat n’avait pas envie de grossir, et que suite à notre venue et à celle d’éventuels autres recrues, le groupe se scinderait peut être en deux. Ça m’a surpris sur le coup.

Puis suite à la première rencontre de ce groupe à laquelle nous avons assisté, tout est devenu plus clair. En effet, ce groupement d’achat effectue deux ou trois grosses commandes dans l’année à une entreprise bio qui fournit les magasins bio de la région (il y a aussi des commandes annexes plus régulières à des paysans locaux). La personne désignée réceptionne chez elle le chargement (qui doit faire plus d’une tonne si je me souviens bien), le stocke et s’occupe de la distribution. L’organisation a donc une taille critique à partir de laquelle les chargements sont trop importants, pour le stockage ou l’acheminement.

À Montpellier, nous étions dans un autre groupement d’achat. Les caractéristique étaient différentes (urbains décroissants, alors que l’actuel est composé de mères de familles en milieu rural). L’organisation également, puisque c’était une coopérative d’achat autogérée : chaque membre peut proposer une “charmandise” qui est évaluée sur des critères écologiques et sociaux. Si elle est acceptée, le charmandise est prise en charge par une personne volontaire, qui fixe les modes de distribution et de paiement. La plupart des échanges se font lors de la réunion mensuelle ou lors de l’AMAP où sont inscrits la plupart des membres.

Ce qui m’a frappé, c’est que dans le premier cas, chaque nouvel arrivant devient une contrainte. À l’opposé, dans le deuxième cas, chaque personne devient une force supplémentaire, qui propose et gère (éventuellement) de nouveaux produits.

Je ne dis pas que le second modèle est meilleur, puisqu’il ne s’appliquent pas aux même produits (par exemple pâtes et lait de soja dans le premier cas, et viande et céréales dans le second). Cela dit concevoir des systèmes qui permettent le passage à l’échelle, et mieux qui en tirent profit, est un point qui peut avoir son importance dans le futur succès de ces derniers.

Rédigé par Nicollas

15 décembre 2009 à 17:12

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A la recherche d’une éthique permacole

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(Ceci est une ébauche de brouillon, vos avis éclairés sont appréciés.)

Vu que je me destine à faire pousser des choses et élever des bestioles vivantes, je cherche comment appliquer concrètement l’éthique de la permaculture dans mes futurs systèmes agricoles.

À ce sujet, j’ai trouvé particulièrement pertinente  la loi de compétition limitée, régissant les écosystèmes naturels, formulée par Daniel Quinn dans Ishmael (dont voici la traduction de l’extrait en question) :

Vous pouvez être en compétition et utiliser toutes vos capacités, mais vous ne pouvez pas chasser vos rivaux ou détruire leur nourriture ou leur en interdire l’accès. En d’autres termes, vous pouvez être en compétition, mais pas faire la guerre.”

Cette loi fait partie de la première éthique de la permaculture (à moins que ce ne soit l’inverse ?) : se soucier de la Terre. À un niveau “macro”, la permaculture permet de créer des systèmes productifs sur peu d’espace, permettant de libérer de grands espaces sous-utilisés pour des écosystèmes naturels. Au niveau “micro”, sur une ferme ou un terrain, des questions pragmatiques se posent : les poules et le renard, les salades et les limaces, …

Il semble à première vue que la notion même d’agriculture soit en contradiction avec la loi énoncée ci-dessus, puisqu’il s’agit de revendiquer un espace pour faire pousser des espèces utiles à l’Homme, ce qui implique de modifier les écosystèmes déjà présents, et de lutter contre toute atteinte à ce système (que ce soit par les insectes, les renards, les limaces ou les “mauvaises herbes”).

Pour régler ce problème, je dirais qu’en tant qu’espèce, l’Homme a le droit de consacrer de l’espace pour ses besoins primaires (habitat, nourriture). Il faut cependant garder une vue globale : l’Homme est une espèce parmi les autres, et les autres espèces ont droit de coexister avec nous dans nos systèmes anthropiques (même s’ils sont orientés pour nos besoins) et ont droit à des écosystèmes où l’Homme n’est pas présent. À l’heure actuelle l’Homme doit réquisitionner la moitié ou plus de l’énergie solaire reçue par la Terre, ce qui est clairement trop. C’est pour cela que notre consommation et de notre population doit diminuer (troisième éthique de la permaculture). La permaculture est une réponse à ce premier constat, puisqu’elle permet une production plus importante sur un minimum d’espace, et qu’elle recréé des écosystèmes (à forte diversité génétique) productifs destinés à l’Homme.

De ce point de vue, le potager est un exemple de système très artificialisé (car il reçoit de la matière organique d’autres systèmes par le compost, il est constamment sous surveillance humaine, les espèces sont hautement sélectionnées, fragiles et annuelles) et très productif. Une famille avec un terrain pourra être assez facilement autonome au niveau des légumes. Des techniques existent pour rendre cette “domination” humaine plus écologique (i.e. mimant des principes d’écologie naturelle). Par exemple le mulch (recouvrir le sol entre les plantes avec de la matière organique ou non) permet d’éviter que les “mauvaises herbes” se développent au détriment des chétifs légumes. C’est une solution non polluante, qui requiert peu d’énergie et pas d’entretien, et qui recycle d’éventuels déchets, bref la solution idéale. Sauf que le but est bien de sélectionner des plantes au détriment d’autres plantes (et de leurs écosystèmes associés). Cela n’est pas grave en soit si l’on s’arrange pour que ces écosystèmes puissent être représentés ailleurs sur le terrain ou à l’extérieur, dans un espace communal par exemple.

Un cas plus gênant concerne les bestioles qui viennent manger nos plantes. Est-ce qu’on se sent bien quand on écrase des limaces ? Est-ce juste ? Je n’ai pas eu à le faire puisque je n’ai pas de jardin, mais tout le monde avec un potager est concerné un jour ou l’autre par les limaces. Et c’est aussi une leçon : certains êtres vivants doivent mourir pour que l’on puisse vivre. David Holmgren dit, au sujet de la première éthique, “nous acceptons toutes les formes de vie ou les espèces comme ayant une valeur intrinsèque, peu importe à quel point elles nous incommodent (ou incommodent d’autres formes de vie qui nous importent). [...] Quand nous faisons du tord à, ou que nous tuons d’autres formes de vie, nous le faisons toujours en conscience et avec respect; ne pas utiliser ce que nous tuons est le plus grand manque de respect”.

C’est là qu’entre en jeu la permaculture, dont le but est d’inter-connecter les systèmes. Supprimer des limaces est un acte immoral, mais donner ces limaces à manger aux canards participe au cycle de la vie, et nous n’avons fait qu’une intervention de plus, comme de désherber autour des légumes, ou d’éclaircir les semis. C’est encore mieux si, par un design intelligent, les canards n’ont pas besoin de notre intervention pour manger les limaces.

Si l’on ne peut pas interconnecter un élément perturbateur, par exemple le renard (ça se mange ?), alors il faudra inventer des systèmes pour éviter les nuisances, mais en aucun cas on ne pourra justifier d’en tuer un, juste parce qu’il mange des poules.

Pour résumer, je dirais que :

  1. chaque forme de vie a une valeur intrinsèque, en dehors de tout intérêt pour l’Homme
  2. les humains ont le droit de réserver des espaces pour leur nourriture,
  3. ces espaces doivent être les plus petits possible, ce qui implique une forme de production efficace (permaculture), et empêcher l’effet rebond, en limitant l’expansion démographique et économique,
  4. les espaces ainsi libérés doivent servir à préserver ou restaurer des écosystèmes naturels,
  5. les systèmes anthropiques doivent laisser une place à la nature (diversité écologique), dans la limite de la stabilité du système considéré (i.e. une certaine quantité de production doit être maintenue)
  6. les systèmes doivent être fortement (intra- et inter-)connectés, pour satisfaire au point 5, tout en respectant le point 1

Beaucoup de réflexions pour planter des salades, ce blog mérite bien son nom …

Rédigé par Nicollas

26 novembre 2009 à 12:00

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Une autre vision du pétrole

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Un court billet sur une métaphore explicitant les différents niveaux de vision que l’on peut avoir du pétrole.

Comme je l’ai déjà dit, le pétrole est essentiel pour notre économie, puisqu’il les produits pétroliers représentent près de la moitié de la consommation énergétique finale de la France. Le secteur clef des transports et quasiment assujetti au pétrole.

Le pétrole est tellement présent qu’on a du mal à comprendre toutes les implications. Je vais essayer de les expliciter en prenant un parallèle avec l’eau.

Le premier niveau de compréhension correspond à la partie visible et tangible. Pour l’eau, c’est l’eau qui coule du robinet, de la douche, des nuages. Pour la pétrole, c’est celui que l’on met dans son réservoir de voiture ou sa chaudière au fioul. Quand on essaie de réduire sa consommation, on a tendance à se focaliser sur ses parties : pour l’eau, on économise sur les bains (prendre une douche à la place), on réutilise l’eau de lavage des légumes pour le jardin … Pour le pétrole, on essaie de moins prendre sa voiture.

Le deuxième niveau correspond aux utilisations masquées. Chaque être animé ou chaque objet contient une part d’eau, que ce soit au niveau de sa structure, pour se maintenir, ou lors de sa création.  Le corps humain est composé majoritairement d’eau, il faut de l’eau pour élever un animal, cultiver du blé, construire une voiture … C’est la même chose pour le pétrole. Beaucoup d’objets contiennent du pétrole, que se soit sous forme de matière première (plastiques, fibres synthétiques …) ou indirectement par l’utilisation de pétrole sur les chaînes de montage, pour le transport des divers composants, etc.

Le troisième niveau est le plus invisible et le plus important à la fois. Il se situe au niveau du système. On y pense peu, mais l’eau peut façonner des paysages entiers par l’action de l’érosion des roches ou des sols. L’eau creuse, valonne, s’accumule … L’eau est un facteur vital pour l’établissement et la pérennité des sociétés humaines. Longtemps l’humanité a été contrainte géographiquement par les cours d’eau et les océans, car la présence de ressources marines était un élément important.
Le pétrole a également façonné de manière profonde nos sociétés. Les ressources fossiles sont à l’origine de la révolution industrielle, qui a été le plus gros bouleversement des sociétés humaines depuis la révolution néolithique agricole qui a vu naître les civilisations. La révolution industrielle a commencé en Angleterre avec le charbon, qui a depuis été remplacé par le pétrole, bien plus efficace (forme liquide plus facile a transporter, stocker, utiliser, et rendement énergétique supérieur). Ces sources d’énergie, qui ne sont rien d’autre que de l’énergie solaire accumulée et compressée pendant des millions d’années, ont rendu l’énergie abondante et peu chère, pour la première fois dans l’histoire (et avant) de l’humanité. C’est grâce au charbon et au pétrole que vous pouvez lire ces lignes. Pas seulement parce qu’il a fallu de l’énergie pour fabriquer et transporter votre ordinateur et le mien, mais aussi parce qu’elles ont augmenté la productivité agricole, qui a fourni des mains supplémentaires pour l’industrie, tout en ayant de quoi nourrir les bouches correspondantes. C’est grâce à cette énergie que des connaissances scientifiques de pointe ont pu émerger, et se transmettre et s’enrichir au fil des ans (pour devenir à l’occasion un ordinateur), grâce à une société assez stable pour que les informations se perpétuent. Les énergies fossiles sont derrière la mondialisation, et permettent de tisser des réseaux autour du globe, comme celui d’internet. C’est également grâce aux énergies fossiles qui vous pouvez lire ces lignes, que l’école est devenue accessible et même obligatoire. Elles ont permis à l’Homme un contrôle sans précédent, menaçant jusqu’à l’équilibre de notre biosphère.

Le grand défi à venir sera de gérer la descente énergétique qui se profile, et à mettre à profit le paradoxe de la société industrielle, qui est que tout en nous permettant de détruire le monde et nous avec, elle nous a permis de jeter un regard vers nos racines, plus lointaines que la naissance de l’agriculture. Saurons nous tirer partie de toute cette connaissance et ces objets produits, ainsi que de l’énergie qui nous reste, pour mettre en place des systèmes humains et agricoles coopératifs et autonomes, pour enfin vivre en paix avec nous même et les autres formes de vie, et dans l’abondance ? C’est pour moi tout l’intérêt de la permaculture.

Données: Bilan énergétique de la France, 2007.

Rédigé par Nicollas

25 novembre 2009 à 9:53

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La permaculture est …

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Une caractéristique étonnante de la permaculture est sa multi-dimensionnalité. Lorsqu’il s’agit de définir la permaculture, un grand vide surgit après les mots “la permaculture est”. Une multitude de facettes surgit, et on ne sait plus vraiment ce qu’est la permaculture. Voici les principales facettes identifiées. Alors, la permaculture, c’est :

  • une philosophie, un mode de vie, une vision
    basés sur une éthique intégrant l’humain au centre de la communauté naturelle et d’un écosystème: se soucier de la Terre, se soucier des Hommes, et partager équitablement;
  • un mode de pensée,
    basé sur une approche systémique, c’est à dire s’intéressant à la façon dont sont agencés les éléments d’un système pour que leur intégration soit la plus harmonieuse et efficace possible; à opposer au réductionnisme en vigueur dans nos sciences, dont la maxime pourrait être “diviser pour mieux étudier”;
  • une science de conception,
    intégrant les autres disciplines scientifiques comme l’ethnobotanique, la géographie, la physique, l’anthropologie, etc., pour développer des méthodes d’aménagement de systèmes humains (comme l’analyse par secteurs, zones, reliefs …). Cette intégration systémique ou holistique tranche avec la spécialisation scientifique actuelle;
  • un état d’esprit,
    basé sur l’optimisme, la recherche de solutions, l’action, la responsabilité personnelle et l’intégration, plutôt que sur le pessimisme, l’exposé des problèmes,  la critique et  la délégation;
  • un mouvement,
    de dimension internationale, basé sur les cours de certifications de 72h dispensés à travers le monde.

Rédigé par Nicollas

4 novembre 2009 à 17:25

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Permaculture et agriculture biologique

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La permaculture est souvent confondue avec une forme d’agriculture biologique, faite de mulch et de bandes de cultures surélevées. La confusion vient à la fois des origines de la permaculture (qui signifiait “permanent agriculture”, c’est à dire “agriculture soutenable”) qui s’est concentrée dans un premier temps sur l’élaboration de systèmes agricoles soutenables1, et du contexte français dans lequel l’agriculture naturelle de Masanobu Fukuoka et son adaptation française par Emilia Hazelip (agriculture synergétique) ont souvent été confondus avec la permaculture2.

Différencier agriculture biologique et permaculture est assez simple, et je vais pour cela sortir du domaine agricole pour transposer les notions dans le domaine des transports.

Dans ce cas, l’agriculture industrielle est un véhicule conventionnel (avec des différences entre les différentes agricultures industrielles, comme il y en a entre un 4×4, une voiture, un camion).

L’agriculture biologique peut être apparentée à une voiture électrique. Les deux se définissent principalement par le rejet d’un produit précis (les engrais et pesticides de synthèse, les carburants fossiles). Ce ne sont pas des concepts radicaux, dans le sens où il est difficile de voir la différence avec leurs homologues conventionnels. Une voiture électrique utilisera les mêmes réseaux de transports, pour les mêmes utilisations, provenant des mêmes réseaux de production. L’agriculture biologique reste une agriculture “moderne”, possédant les mêmes outils de production (tracteurs) et les mêmes réseaux de distribution (du magasin au supermarché, utilisant des supports marketing)3.

La permaculture est bien plus qu’une méthode d’agriculture (l’agriculture biologique ne compte que parmi les nombreuses techniques des nombreux domaines concernés par la permaculture), puisque c’est une méthode de conception de systèmes anthropiques (systèmes agricoles, lieux de vie, finance, …). Ramenée aux transports, c’est un réaménagement complet des voies de communication, passant par un placement réfléchi des activités (relocalisation, centres d’activités intégrés au zones d’habitations, zones piétonnes, …), et la mise en place des meilleurs moyens de transports adaptés aux besoins (vélo, transport en commun, ferroutage, voiture électrique …).

Inutile de dire que je ne pense pas que la voiture électrique suffira à régler les problèmes de transports dans un futur énergétique à la baisse

Ajout: un article intéressant intitulé “what is permaculture” ajoute quelques précisions entre les deux concepts :

Bien que l’agriculture biologique soit sûrement une part important de la permaculture dans la pratique, on ne peut pas appeler un potager biologique une “permaculture”, à moins qu’il ait été conçu de façon permaculturelle, auquel cas il sera bien plus qu’un simple potager biologique productif. En plus de produire de la nourriture, il fournira des niches pour la vie sauvage, les oiseaux et les prédateurs de ravageurs; il prendra en considération les éléments, le vent, le soleil et le feu en créant des microclimats pour les plantes, les animaux et la maison; il prendra en compte les cycles de l’eau, des nutriments et de l’énergie depuis l’intérieur de la maison, à travers le jardin et au-delà; il considérera la maison et le jardin comme partie intégrante du voisinage plus vaste, de la récupération d’eau et de la biorégion.

Comprendre la différence entre conception, stratégie et technique peut aider. Les techniques sont des “comment faire” quelque chose, comme les différents systèmes de compostage[...] La stratégie concerne le “comment et le pourquoi”, le timing et l’agencement des travaux et des événements [...] La conception (design) concerne le lieu où nous plaçons les choses en relation les unes par rapport aux autres, et comment nous intégrons les connections entre elles [...] La conception vient en premier, planifiant “quoi va où”; ensuite nous devons réfléchir à nos stratégies “quoi arrive quand”; et enfin nous devons sélectionner les techniques appropriées à la situation.

 

  1. Dans le contexte de la permaculture, un système durable est un “système qui produit ou conserve suffisamment d’énergie, durant sa durée de vie attendue, pour se construire et se maintenir lui-même, tout en produisant un surplus.” (Bill Mollison, The Foundation Year Book of the Permaculture Academy, p. 23).
  2. Les différences entre agriculture naturelle et permaculture sont à la fois fondamentales et très subtiles, voir sur le sujet la traduction d’un article et mes conclusions.
  3. Le fait est que certaines productions biologiques ne ressemblent pas à la filière conventionnelle (polyculture, vente directe …), mais la part biologique fait partie d’une vision plus large, puisqu’on peut très bien faire un produit biologique en important des intrants biologique de Chine, en vendant son produit à l’étranger dans une enseigne de la grande distribution avec force marketing.

Rédigé par Nicollas

22 octobre 2009 à 18:12

Définition de la permaculture

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La permaculture est une science de conception de cultures, de lieux de vie, et de systèmes agricoles humains utilisant des principes d’écologie et le savoir des sociétés traditionnelles pour reproduire la diversité, la stabilité et la résilience des écosystèmes naturels1.

Le but de la permaculture est de créer, par une conception (design) réfléchie et efficace, des sociétés humaines respectueuses de la Nature et des Hommes.  Le terme a été défini dans les années 70 par Bill Mollison et David Holmgren. À l’origine, la permaculture s’est surtout focalisée sur les systèmes agricoles, car «sans agriculture durable, il ne peut y avoir d’organisation sociale stable»2; de là vient sans doute l’assimilation courante de la permaculture à une simple technique d’agriculture ou de jardinage3, alors qu’elle concerne tous les éléments d’une société.

L’éthique de la permaculture

Pour apporter un cadre de réflexion et d’action en accord avec son but, la permaculture se base sur une éthique, décomposée en trois grands principes4 :

Se soucier de la Terre

Prendre en compte le sol, la forêt et l’eau

Nous faisons partie d’un système plus vaste qui est la biosphère terrestre. Toute forme de vie est intrinsèquement importante, et chaque atteinte à la diversité génétique est une menace pour nous. Nos activités et lieux de vie doivent être en harmonie avec les écosystèmes locaux.

Se soucier de l’Homme

S’occuper de soi, de sa famille et de sa communauté

Les systèmes permaculturels visent à combler les besoins fondamentaux des Hommes dans un environnement permettant leur épanouissement. La coopération et la mise en commun sont deux axes clefs des relations humaines.

Partager équitablement

Limiter sa consommation, se reproduire avec sagesse, et redistribuer les surplus.

Nous devons réduire notre emprise sur la planète, les écosystèmes où l’Homme n’est pas présent ayant toute leur légitimité5. L’établissement de systèmes permaculturels doit permettre de réduire notre empreinte, sans que ce gain ne soit annulé par une consommation ou une population plus élevée.

L’éthique nous permet de «voir les choses du point de vue d’autrui, sur une échelle de temps plus grande et sur une plus grande distance»6. Elle apporte à la permaculture une dimension philosophique, voir spirituelle pour certains.

Une vision systémique

La particularité de la permaculture par rapport à la plupart des disciplines scientifiques actuelles est sa vision systémique. Plutôt que d’étudier les éléments constituant un système pour comprendre ce système, la permaculture s’attache aux connexions entre ces éléments. On ne peut pas comprendre la forêt en étudiant séparément les arbres, les insectes, les bactéries, le sol, etc., mais en observant les relations fonctionnelles entre ces éléments, qui font de la forêt plus qu’une simple somme d’arbres, un véritable écosystème autorégulé .

Foret comestibleLa forêt comestible copie les caractéristiques des forêts, comme l’occupation de l’espace en strates (grands arbres, buissons, lianes, etc.) et du temps (succession écologique), pour avoir leurs propriétés (résilience, stabilité …) tout en ayant une production directement utile à l’Homme (fruits, noix …) plus abondante, grâce au choix de variétés comestibles.

Pour concevoir des systèmes humains qui respectent son éthique, la permaculture s’appuie sur des systèmes dont les propriétés sont désirées. Parmi ces systèmes se trouvent les écosystèmes naturels (forêts, prairies sauvages, etc.) qui sont très efficaces pour utiliser les éléments dont ils ont besoin (énergie, eau, nutriments) et qui ont la propriété d’être durables, stables et résilents; ainsi que certaines sociétés traditionnelles et tribales, dont le mode de vie suit l’éthique permaculturelle, et qui ont développé des techniques durables basées sur une connaissance pointue de leur environnement.

L’étude des caractéristiques (structures, interactions, modèles, etc.) de ces systèmes par des disciplines scientifiques telles que l’écologie ou l’ethnobiologie fournit des principes généraux de conception et permet de développer des techniques adaptées aux conditions locales et actuelles (cultures, climats, technologies, etc.).

La conception (design) en permaculture

Le cœur de la permaculture est sa méthode de conception7 de systèmes humains, qui est le reflet de son éthique et de sa vision systémique.

PlanZones et secteurs
Cycle de la matière organiqueRéseauÉléments de conception de la propriété de David Holmgren : Plan, zones et secteurs, cycle de la matière organique, noeuds d’activité9.

En permaculture, la conception consciente et intentionnelle de systèmes intégrés consiste à placer chaque élément d’un système de façon à ce qu’il soit connecté de manière optimale aux autres éléments, c’est à dire là où ses besoins seront comblés et ses productions utilisées8.

Le but d’un design est de maximiser les connexions entre les éléments, ce qui permet de réduire la pollution (qui est une production non utilisée par le système) et d’économiser l’énergie (qui est un besoin non fournit par le système).

Par soucis d’efficacité, un élément devrait remplir plusieurs fonctions. Par exemple une mare peut servir à la pisciculture, refléter la lumière, accumuler de la chaleur, servir en cas d’incendie, etc. Par principe de sécurité, les fonctions importantes devraient être remplies par plusieurs éléments (redondance). Par exemple un chauffage solaire peut être doublé d’un chauffage d’appoint (chaudière à bois).

Une conception permaculturelle prend en compte et met en relation un grand nombres d’éléments :

  • du site : eau, sol, paysage, climat et végétation
  • sociétaux : aides légales, personnes, culture, commerce et finance
  • énergétiques : technologie, structures, sources, connexions
  • abstraits : temps, données, éthique

Outils d’analyse

La permaculture fournit plusieurs outils d’analyse qui peuvent être utilisés lors d’une conception. Ces outils servent à savoir où placer et comment connecter les éléments du système. Les secteurs et les zones sont deux outils emblématiques de la permaculture :

Le zonage prend en compte l’attention et l’énergie humaines nécessitées par un système. Les systèmes les plus intensifs, comme les plantes aromatiques ou le jardin potager seront placés en zone 1, proche du lieu de vie. Plus on s’éloigne du lieu de vie, plus l’influence humaine est faible. En zone 2, on pourra placer les petits animaux et les vergers, en zone 3 les céréales, le bétail et les arbres à noix, en zone 4 les cultures fourragères et forestières. La zone 5 est une zone laissée sauvage.

Le concept des secteurs  prend en compte les influences extérieures, comme les vents froids et chauds, l’ensoleillement, la pollution sonore ou visuelle, les risque d’incendie … Le design visera à réduire les nuisances (haies, systèmes coupe-feu, …) et à bénéficier des avantages (belle vue, prise en compte de l’ensoleillement pour une construction bioclimatique).

Il existe d’autres méthodes ou outils de conception. Par exemple l’une d’entre elles consiste à mettre sur des bouts de papiers les éléments du système (mare, poulailler …) et des relations (sur, à côté, autour, dans …) et de faire des tirages pour voir si les connexions sont pertinentes (poulailler sur mare) !10

Permaculture et société

A l’origine la permacuture s’est concentrée sur l’entretient des terres et de la nature. La fleur de la permaculture, par David HolmgrenMais l’éthique et les principes de conception sont applicables aux sept domaines fondamentaux définissant une société, représentés par des pétales de la fleur permaculturelle imaginée  par Holmgren. À chaque domaine correspond un ensemble de techniques pouvant être utilisées dans une conception permaculturelle, comme par exemple l’agriculture biologique, le recyclage ou l’architecture bioclimatique.

La spirale représente l’intégration de ces domaines par la permaculture, qui ne se limite pas à une certaine vision de la société, ni à un ensemble de techniques, mais qui est l’utilisation de la pensée systémique et des principes de conception pour combiner ces techniques afin de réaliser cette vision.

Que faire ?

Cette introduction à la permaculture ne prétend pas couvrir toute la richesse qui se cache derrière ce terme. Aussi, voici quelques pistes à poursuivre :

Se former : des cours d’initiation à la permaculture de deux jours, ainsi que des stages plus complets de 72h (généralement sur dix jours) sont dispensés en France. Pour plus de détails sur ces formations et leurs dates, rendez-vous sur le site de l’Université Populaire de Permaculture.

S’informer : certains ouvrages (trop peu nombreux) sur la permaculture sont disponibles en français :

  • Graines de permaculture, de Patrick Whitefield, est une introduction généraliste bien adaptée au néophyte.
  • Permaculture 1 et 2, de Bill Mollison et David Holmgren, sont les livres fondateurs. Ils sont difficilement trouvables car plus réédités.

Pour les anglophones, voici une courte sélection d’ouvrages :

  • Introduction to Permaculture. Vulgarisation complète de la permaculture par l’un de ses fondateurs.
  • Gaia’s Garden, A Guide to Home-Scale Permaculture, de Toby Hemenway (222 p). Ouvrage sur la permaculture appliquée au jardin.
  • The Earth Care Manual, A Permaculture Handbook for Britain and other Temperate Climates, de Patrick Whitefield (450 p). Guide complet adapté au continent européen.

Agir : vivre une vie responsable en suivant l’éthique permaculturelle. Intégrer la vision systémique et les principes de conception de la permaculture pour (ré)aménager des systèmes agricoles, d’habitation, financiers, humains durables et inspirants.


Notes et références

  1. Adapté de «Edible Forest Gardens, Ecological Vision and Theory for Temparate Climate Permaculture», Dave Jacke. p 354.
  2. Bill Mollison, dans «Permaculture, A Designers’ Manual», p ix.
  3. La permaculture est également souvent confondue avec l’agriculture naturelle de Masanobu Fukuoka, popularisée en France par Emilia Hazelip et sa culture synergétique sur butte.
  4. David Holmgren, «Essence of Permaculture» (ebook), v. 4. On trouve souvent de légères variations de formulation, surtout pour le troisième point, souvent raccourci ou reformulé (comme l’a fait Holmgren dans cette version). La traduction française pose aussi problème, car l’expression «care of» (de «care of Earth» et « care of people)» signifie à la fois «se soucier» et «prendre soin».
  5. Dans un article de 1986, Human Appropriation of the Products of Photosynthesis, Peter Vitousek estime que les Hommes accaparent, directement ou indirectement, près de 40% de l’énergie solaire capturée par la biosphère.
  6. Thomas Ficher, «Architectural Design And Ethics, Tools For Survival», p viii.
  7. Le mot anglais «design» est difficile à traduire en français. Il peut prendre selon le contexte le sens de «conception», «planification», «aménagement», etc.
  8. Paragraphe tiré de «The Foundation Year-Book of The Permaculture Academy», Bill Mollison, p. 23.
  9. «Melliodora, A case study in cool temperature climate, 1985-2005», David Holmgren.
  10. «Permaculture, A Designers’ Manual», Bill Mollison, p 47-48. A noter que le tirage «poulailler sur mare» n’est pas stupide, car les déjections des volailles peuvent nourrir les poissons de la mare (voir p. 468).

Rédigé par Nicollas

12 octobre 2009 à 8:40

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Pour une alimentation permaculturelle

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Puisque la production alimentaire et l’alimentation sont les deux faces d’une même pièce, et que la permaculture s’est beaucoup intéressée aux systèmes agricoles, aborder l’alimentation sous un angle permaculturel semble couler de source.

L’alimentation devrait être abordée suivant plusieurs angles fortement connectés : nutrition, écologie, énergie, culture :

  • Par nutrition, j’entends une alimentation respectueuse des Hommes.
  • Par écologie, j’entends une alimentation respectueuse des écosystèmes.
  • Par énergie, j’entends une alimentation nécessitant peu d’énergie sur toute la chaîne (de la fourche à la fourchette).
  • Par culture, j’entends une alimentation intégrée dans un art de vivre.

L’alimentation industrielle

L’alimentation industrielle, reflet de l’agriculture et du mode de vie du même nom, est catastrophique à tous les niveaux (liste non exhaustive) :

  • Produits hautement transformés et dénaturés : raffinage de l’huile, du sucre, des farines, du sel, ïonisation des aliments, aliments remplis de pesticides, cueillis avant maturité; nourriture trop grasse et sucrée
  • Agriculture catastrophique pour les sols, aliments emballés
  • Agriculture (mécanisation, pesticides, engrais), transformation (broyage, raffinage),  transport, stockage (congélation) et préparation (cuisson) très énergivores
  • Marketing alimentaire, repas pris rapidement et individuellement

L’alimentation traditionnelle/néolithique

L’alimentation pré-industrielle (ou traditionnelle, ou néolithique) était beaucoup plus saine, mais elle connaissait de nombreux défauts:

  • Alimentation désiquilibrée à cause des produits du néolithique (céréales, laitages, viandes d’élevage)
  • Agriculture en opposition avec la Nature, menant à la déforestation, à l’érosion des sols
  • Mode de cuisson énergivore (feu de cheminée ou cuisinières à bois peu performantes). Agriculture énergivore en travail animal (labours, récoltes de céréales, rizières)

L’alimentation permaculturelle

L’alimentation permaculturelle est une alimentation issue de systèmes agricoles, prise dans des lieux de vie, et intégrée à une culture qui sont tous permaculturels. Quel style d’alimentation celà pourrait-il donner ?

Tout d’abord il s’agirait d’élaborer des systèmes de production permacoles, c’est à dire repenser de manière radicale la façon de s’approvisionner, suivant l’organisation “sociale” du lieu où l’on vit :

  • A la campagne, une autonomie alimentaire quasi-totale
  • En centre ville et en banlieue, la zone 1 devient les toits plats des immeubles (légumes, voire pisciculture), les balcons ou halls d’escaliers (herbes aromatiques), les murs bien exposés (fruitiers en espaliers, plantes gimpantes), la zone 1/2 est composée de jardins communautaires ou partagés, d’espaces publics aménagés (anciens parcs, terrains de jeu …) avec peut être des basses-cours, des vergers … , la zone 3 correspond aux champs et fermes périurbaines pour les productions nécessitant de l’espace et/ou de la mécanisation (céréales, pommes de terre)
  • En lotissement, la zone 1 et 2 se trouvent sur le terrain même, avec les espaces communs en zone 2. On peut également partager le surplus de chaque espace privé (terrain)1.

Ce zonage est quelque peu différent de celui résultant des AMAPs, où ce sont les légumes qui sont achetés à des fermes périurbaines. Les légumes sont typiquement un produit de zone 1 (demandant beaucoup de soins et d’attention, “peu” de place). La ville permet beaucoup d’opportunités en terme de production alimentaire : il y fait plus chaud, la protection contre les vents est plus forte, il y a plus de surfaces accumulatrice de chaleur (murs, asphalte), beaucoup d’axes verticaux (murs), une grande opportunité de récupération d’eau, et une main d’oeuvre et du matériel conséquents. Le principal facteur limitant est la place, mais peut être que dans le futur les parking laisseront place à une production vivrière.

La consommation est donc locale  : les zones 1, 2, 3 fournissent la majeure partie de l’alimentation. La zone 4 pourrait être les campagnes environnantes (hors fermes), où l’on pourrait glâner des produits sauvages : plantes, baies, châtaignes, noix, champignons … La zone 5, idéalement la plus grande possible, environnerait également les villes;  avec si possible des îlots au cœur des villes (anciens parcs ?), qui permettront la contemplation et l’étude, même si ces espaces ne seront jamais vaiment naturels vu leur taille.

D’un point de vue énergétique, les systèmes agricoles seront très efficaces puisqu’en permaculture. Notamment grâce à l’utilisation de plantes pérènnes en lieu et place de certaines plantes annuelles. On peut d’ailleurs se questionner sur la pertinence des plantes annuelles domestiquées qui demandent de l’espace et une mécanisation pour leur ramassage (fastidieux à la main) comme les céréales où les légumineuses2.   La question est donc de voir s’il y a des substituts plus satisfaisants, qui permettraient de se passer des tracteurs ou de traction animale, et qui remplacerait (idéalement avantageusement) ces aliments d’un point de vue nutritionnel. Personnellement je n’en sais rien, j’y connais peu en nutrition, et je ne me suis pas encore penché sur la question. Mon point de vue à la louche, c’est que les céréales et les légumineuses sont devenues prépondérantes dans le régime néolithique, ce qui signifierait que notre organisme n’en a pas besoin, et que ces éléments pourraient même n’être pas si bons (par exemple les céréales ont un index glycémique élevé, sont acidifiants et pauvres en micronutriments 3). Les céréales pourraient peut être remplacées (si l’environnement s’y prête) par des châtaignes, qui sont stockables et fournissent de la farine (non panifiable cependant). Voire de la farine de glands ?

L’énergie sur le transport est également réduite au maximum. Pour la conservation et la cuisson, plusieurs stratégies peuvent être envisagées pour avoir un impact énergétique et écologique minimum.

La meilleure cuisson, c’est évidemment celle dont on n’a pas besoin. Une alimentation vivante,  outre ses qualités nutritionnelles, permet de se passer de cuisson : alimentation crue, fermentée ou germée.

Parmi les modes de cuisson, on retrouve :

  • La cuisson solaire (four, cuiseur) en été
  • La cuisson au bois en hiver (en combinaison avec un poêle de masse par exemple)
  • La cuisson au biogaz pour les périodes intermédiaires où les usages spécifiques (boisson chaude)

Pour la conservation, on privilégie des aliments qui se conservent “naturellement” : légumes racines, graines (à faire germer), noix au sens large … Parmi les modes de conservation nécessitant peu d’énergie, on a :

  • Le séchage solaire (indirect de préférence)
  • La fermentation (vin, fromage, lacto-fermentation, kefir …)4
  • Les salaisons
  • Les conserves cuites, avec une des cuissons ci-dessus, principalement la solaire car ce sont souvent des conserves de légumes d’été
  • Les conserves crues, à base d’huile d’olive (pesto) ou de vinaigre (cornichons)
  • Ponctuellement en été, l’utilisation d’un frigo solaire pour garder les aliments au frais

Au niveau nutritionnel, une alimentation permaculturelle pourrait se rapprocher d’un régime paléolithique, car les systèmes agricoles permaculturels ont tendance à s’éloigner de l’agriculture néolithique pour une agriculture première (agroforesterie, plantes sauvages …). La diététique permaculturelle serait basée sur des oléagineux (noix) et des fruits, des baies (excellentes pour la santé), des légumes, des plantes sauvages, des animaux semi-domestiques (parcours libre en semi liberté, à la campagne) et des poissons (pisciculture).

Voici où en est ma reflexion sur l’alimentation permaculturelle à l’heure actuelle. Il manque une grosse partie sur la nutrition, et mon objectif serait de voir si une alimentation issue d’une production agricole permaculturelle et à échelle humaine (sans mécanisation ou force animale non humaine) correspondrait parfaitement avec une bonne alimentation (qu’il faudrait du reste aussi définir, j’aurai tendance à me fier aux apports recommandés du collectif LaNutrition). J’aimerai aussi évaluer les qualités intrinsèques des produits issus de la permaculture (teneur en minéraux, etc. comparativement aux produits conventionnels ou bio).
Enfin, je pense qu’un guide alimentaire permaculturel pour chaque région serait un outil parfait pour les temps à venir.  Ce serait un “livre de cuisinne” holistique, où seraient abordés les aspects nutritionnels, énergétiques, agricoles et culturels, avec des recettes saines et de saison à base de produits locaux, utilisants des modes de cuisson et de conservation efficaces, qui permettrait de s’autonomiser (vision permaculture, conseils de jardinage, guide de construction des cuiseurs solaires, etc.). C’est pour moi un projet à vaguement long terme, avec les données que j’aurai accumulées d’ici là.
Le changement de société que nous appelons de nos voeux passera aussi par le ventre !


Notes et références

  1. L’abondance produite par les plantes en générale et les arbres en particulier permet de partager ses surplus de fruits. En “bon permaculteur”, on pourra par exemple planter des arbres fruitiers absents des jardins du voisinage pour permettre des échanges.
  2. “Dans monde urbain occidental, le végétarisme repose énormément sur les céréales et les légumineuses (par exemple le soja). Même pour cuisinner cette nourriture, on a besoin d’utiliser une grande quantité de bois ou de combustible fossile [...] Plus grave encore, les céréales et les légumineuses sont responsables de la majorité de l’érosion des sols dans chaque région agricole.” Bill Mollison, A Designers’ Manual, p.29.
  3. La meilleure façon de manger, Collectif LaNutrition.fr, pp 20-24
  4. Mollison a même dédié un livre aux procédés de fermentation : The permaculture book of ferment and human nutrition (1993) !

Rédigé par Nicollas

2 octobre 2009 à 15:15

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Descente énergétique

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Si l’est une chose acquise par nos millénaires de progrès, c’est bien la compréhension de notre propre perte. Parmi les menaces les plus sérieuses pesant sur nos civilisations, on peut donner :

  • les pics énergétiques : Les énergies fossiles sur lesquelles s’appuie toute notre modernité  ne sont pas inépuisables, et nous allons bientôt connaître le pic de production du pétrole (qui représente près de 44% de l’énergie finale utilisée par la France), puis celui du gaz et du charbon.
  • la raréfaction de l’eau : Les ressources d’eau sont utilisées de façon non renouvelable, et souvent dans les pays pauvres du Sud, le développement de la population du fait des surplus de l’agriculture dépend de nappes phréatiques qui ne se remplissent plus ou en dessous du seuil d’extraction.
  • la déforestation : Les forêts sont anéanties pour faire du bois de chauffage ou de construction, et pour l’agriculture (soja, palmiers à huile). Du coup certains services offerts par la forêt ne sont plus assurés, comme la stabilisation du climat, l’augmentation de la pluviométrie, la stabilisation des sols.
  • le dérèglement climatique : Le réchauffement planétaire va augmenter les phénomènes climatiques violents, comme les tempêtes, la sécheresse et les inondations. Des parasites vont migrer vers des régions où ils étaient inconnus. La productivité agricole va baisser. Des zones densément peuplées vont être envahies par la montée des eaux. D’autres phénomènes plus graves et peu prévisibles risquent de se produire, comme un arrêt du Gulf Stream protégeant l’Europe d’un climat proche de celui du Canada.
  • l’érosion des sols : Depuis que l’Homme cultive, des millions d’hectares de sols se sont envolés ou déversés dans les eaux, des régions fertiles ont été rendues stériles à cause de pratiques telles que la déforestation, le labour, le sur-pâturage, et plus récemment la mécanisation et l’utilisation de pesticides.
  • La surpopulation : Dans les pays du Sud, la surpopulation exacerbe les phénomènes décrits plus haut : plus de personnes signifiant plus d’agriculture, de besoins de chauffage et d’eau. En occident, cela se traduit par une utilisation énergétique et un impact climatique plus soutenus. On peut objecter que l’énorme gâchis des pays riches leur laisse une certaine latitude en matière de population (une population plus nombreuse se traduisant par une consommation par tête réduite); mais dans un futur où l’intensité énergétique et la complexité seront réduits, où le miracle des énergies fossiles sera de moins en moins visible, il faut s’attendre à ce que la pression démographique prenne plus d’importance (bois de chauffage, biens manufacturés en bois, verres et métaux plutôt qu’en plastique, chevaux de traits, etc.). Cette question est assez épineuse, et mériterait plus ample réflexion et développement.

Les menaces évoquées précédemment sont étudiées dans de nombreux documents, qui arrivent particulièrement bien à les décrire, comme le célèbre film d’Al Gore, “Une vérité insoutenable”, sur le réchauffement climatique, ou encore “Le Plan B”, livre de Lester Brown, que je suis en train de lire. Cependant, quelque soit la pertinence du constat, les solutions évoquées laissent généralement un goût amer. Pour nous sauver, il suffirait de passer aux énergies renouvelables, aux voitures électriques, à l’agriculture biologique. Les seules ressources dans lesquelles cette vision n’est pas évoquée sont celles au sujet du pic pétrolier, où c’est généralement une vision apocalyptique qui domine. Ces deux visions peuvent être replacées dans le contexte des visions énergétiques qu’a élaborées David Holmgren, co-fondateur de la permaculture. L’idée étant que c’est l’énergie qui conditionne nos sociétés, on peut deviner notre futur suivant la quantité d’énergie que l’on pense disponible à l’avenir.

Différentes visions énergétiques

Différentes visions énergétiques

Deux approches de notre futur énergétique dominent les esprits et les médias dans nos sociétés. La première, que l’on pourrait appeler “explosion technologique” (techno explosion), est la vision dans laquelle une nouvelle source d’énergie libre et illimitée va nous permettre de nous affranchir des limites finies de la planète (au sens figuré comme au sens propre, avec la colonisation d’autres planètes). C’est également la vision économiciste actuelle, dans laquelle la production d’énergie s’adapte à la demande, et une croissance infinie est possible. L’autre vision, qui a émergé après les chocs pétroliers des années 70-80, que l’on pourrait appeler “stabilité technologique” (techno stability), prône un changement d’une économie de croissance fondée sur les énergies fossiles à une croissance ou une stabilité fondée sur les énergies renouvelables, tout en conservant l’idéologie du progrès. Le développement durable se base sur cette seconde vision, où se mêlent innovation et compétitivité. Parallèlement à ces deux approches, une autre vision du futur est l’effondrement pur et simple de nos sociétés (collapse), d’autant plus rapide que la complexité n’a cessé d’augmenter avec notre consommation énergétique.

Il existe cependant une autre vision, celle de la descente énergétique (energy descent), qui est rarement évoquée. La descente énergétique correspond à un déclin continu et plus ou moins prononcé de l’apport énergétique, suivant le pic pétrolier et les autres pics énergétiques.  Un exemple historique est le déclin progressif de l’empire romain. Une métaphore pour cette vision est celle de la montagne, que nous avons grimpée pour arriver au sommet, depuis lequel nous pouvons apercevoir à travers la brume les chemins à emprunter pour retourner dans la vallée construire une nouvelle maison.  La descente énergétique est la vision sur laquelle s’appuie l’initiative des “Villes en transition”, et Rob Hopkins, son fondateur, la définit comme « le déclin continu de l’énergie nette sur laquelle se base l’humanité, qui est le reflet de la montée énergétique qui a pris place depuis la révolution industrielle. La descente énergétique se réfère également au scénario d’un futur dans lequel l’humanité s’est adaptée avec succès au déclin des énergies fossiles disponibles et est devenue plus locale et autosuffisante. C’est un terme privilégié par ceux qui voient le pic énergétique comme une opportunité vers un changement positif, plutôt que comme un désastre inévitable».

Sous l’angle  de la descente énergétique, les solutions généralement proposées ne sont pas pertinentes. L’énergie fournie par les sources fossiles (représentant 70% de l’énergie finale utilisée en France) est trop importante pour être apportée par les énergies renouvelables. Quand on regarde les faits, par exemple le nombre d’éoliennes ou la surface de panneaux solaires à construire, les hectares de champs à cultiver pour faire des agrocarburants, les infrastructures à construire pour une “économie de l’hydrogène”, on s’aperçoit que ce n’est tout simplement pas possible de conserver notre mode de vie actuel. Remplacer le parc automobile mondial par des voitures électriques n’est pas faisable.

Dans un article précédent, je faisais la différence entre résilience et soutenabilité, en ce sens que la résilience s’attache à l’entrée des systèmes (ressources, énergie) et la soutenabilité à leur sortie (pollution). La vision “stabilité économique” ne prévoit pas de changement majeur dans la quantité d’approvisionnement énergétique (intrants du système). Le niveau de vie/complexité peut donc être conservé tel quel, il suffit de régler les problèmes de pollution (voitures électriques, biocarburants, agriculture biologique, piège à carbone). Il n’est pas étonnant de voir promu des couverts jetables en bois pour le pique-nique, par exemple. A l’inverse, le scénario de descente énergétique prévoit une forte baisse de l’énergie, et donc des possibilités offertes. La complexité de nos sociétés n’a cessé de croitre, se basant sur le formidable potentiel des énergies fossiles. Nos flux d’approvisionnement sont lointains, nos biens de consommation nécessitent beaucoup de ressources et de transformations. C’est donc le système dans son ensemble qui est remis en question.

Il ne s’agira plus de faire plus et mieux (croissance et progrès), mais moins et autrement (changement radical).

Rédigé par Nicollas

6 août 2009 à 8:57

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Organisation sociale des alternatives

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Voici les formes d’organisation sociale de différents types d’alternatives qui nous sont proposées, que j’appellerai “associations (supra)nationales structurées”, “actions individuelles”, “organisations collectives réactives” et “organisations collectives inclusives”.

Associations (supra)nationales structurées

Les associations (supra)nationales structurées s’inscrivent dans un cadre d’organisation plus général que je nommerai “top-bottom”, c’est à dire qui commence d’en haut pour se propager vers la base. L’emblème de ce type d’organisation est chez nous la démocratie représentative, où dans les faits les décisions viennent des élites (via la législation, les réglementations, la fiscalité, …) pour se répercuter sur le peuple. Ces associations ajoutent un autre maillon à cette chaîne, en servant d’organisations de lobbying auprès du gouvernement.

Dans les faits, une telle association (Greenpeace par exemple), lance des campagnes vers le grand public. Ce dernier est appelé à “participer” en donnant de l’argent ou en signant des pétitions. Greenpeace peut ensuite faire des actions de lobbying soit directement auprès du gouvernement, soit indirectement en sensibilisant le grand public avec des actions spectaculaires. Le but est que le gouvernement adopte certaines lois, pour faire changer le comportement de la société.

On voit dans ce cadre d’organisation que l’initiative ne vient jamais de la communauté et que les sollicitations de cette dernière se font surtout au niveau individuel (pétitions, lois). Ce n’est pas la communauté qui définit les projets.

Associations écologistes (type Greenpeace)

Associations (supra)nationales structurées (type Greenpeace)

Actions individuelles

Les actions individuelles se distinguent par le manque d’organisation sociale, puisque elles se déroulent au niveau atomique qu’est le niveau individuel. Elles peuvent être plus ou moins engageantes, qu’il s’agisse de petits gestes quotidiens comme éteindre les lumières et couper l’eau pendant le brossage des dents, à un profond changement de comportement comme la simplicité volontaire qui peut être également philosophique ou spirituel. Les actions individuelles concernent la sphère privée, mais la communauté étant composée d’individus, les comportements personnels peuvent influer sur la société (par exemple les choix de consommation influent sur l’offre).

Actions individuelles (type simplicité volontaire)

Actions individuelles (type simplicité volontaire)

Organisations collectives réactives

Les organisations collectives réactives sont des personnes de la communauté qui se rassemblent autour de divergences vis à vis du courant principal de la société. C’est par exemple le cas des collectifs décroissance constitués dans différentes villes. Il y existe souvent une dualisation de la société, avec d’un côté les personnes partageant les mêmes valeurs, les services publics, les écoles, les associations etc., et de l’autre le gouvernement et les entreprises, qui se basent sur un modèle politique et économique (capitalisme, libéralisme, croissance) combattu. Il en résulte une confrontation entre ces organisations et les structures dominantes, qui passent par des manifestations, des actions de désobéissance civile (déboulonneurs, inspections civiles de centrales nucléaires, …), des boycotts, etc., mais aussi d’actions visant à proposer des alternatives (AMAP, SEL, coopératives d’achats …). À cause de cette composante d’affrontement, ces collectifs ne rassemblent pas la partie de la communauté qui ne partage pas leur vision, car ils sont considérés trop radicaux ou extrémistes.

Organisations collectives réactives (type décroissance)

Organisations collectives réactives (type décroissance)

Organisations collectives inclusives

Les organisations collectives inclusives, dont le représentant emblématique est la mouvement des villes en transition, partagent avec les organisations réactives le fait de s’adresser aux communautés. Elles s’adressent à la communauté dans son ensemble, c’est à dire autant aux personnes, qu’aux entreprises, aux instances politiques, aux associations. Le but est que tout le monde participe et apporte sa pierre (sous forme de savoirs, de capitaux, d’infrastructures, etc.). Pour expliquer les différences entre ces deux types d’organisations collectives, on peut assimiler les réactives à de la boxe et les inclusives à de l’aïkido. Dans le premier sport, on utilise sa force pour se confronter à la force de l’autre (grèves, pétitions, etc.), dans le second, on utilise la force (les atouts) de l’autre en la canalisant vers une action positive. Cette vision est directement issue de la permaculture, qui préconise de ne pas se battre contre la nature, mais d’imiter ses structures et de canaliser la formidable force de la vie. Toute la difficulté est d’observer et de comprendre la psychologie de l’autre, de voir les atouts, et de trouver une façon de canaliser une énergie destructrice en actes positifs, même si l’on voudrait avant tout supprimer directement la nuisance. Une illustration de cette pensée, empruntée à Kristen, concerne le lobbying du secteur des agrocarburants. Plutôt que de lutter frontalement contre ce lobby puissant, ne pourrait-on pas canaliser sa force non plus vers une utilisation néfaste (produire du pétrole pour pouvoir le gaspiller dans des utilisations futiles) vers une utilisation augmentant la résilience (phyto-isolation avec du chanvre, par exemple) ? Cet exemple n’est pas forcément des plus pertinents à l’échelle des communautés, et évidemment il n’est pas miracle (puisqu’il ne s’attaque pas aux méthodes de production elles-mêmes), mais l’état d’esprit est réellement là.

Organisations collectives inclusives (type initiatives de transition)

Organisations collectives inclusives (type initiatives de transition)

Évidemment l’inclusion a aussi ses limites : que faire si un projet d’hypermarché voit le jour dans notre voisinage ? Ne faudrait t-il pas le combattre, au risque de créer une barrière avec les personnes qui sont pour le projet (élus politiques, agriculteurs, …) ? Le mouvement doit-il être à la fois inclusif et réactif ?

Susciter un enthousiasme général, dans lequel tout le monde pense pouvoir apporter sa pierre, telle semble être la clef du succès du mouvement en transition, mais les obstacles peuvent être nombreux, et inclure tout le monde nécessite beaucoup de finesse et de diplomatie, si tant est que l’inclusion puisse être totale.

Rédigé par Nicollas

15 juin 2009 à 15:34

Permaculture et agriculture naturelle (suite)

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Suite à la traduction d’un article sur l’agriculture naturelle de Fukuoka, et la permaculture de Bill Mollison et David Holmgren, j’ai un peu plus réfléchi à la différence entre ces deux concepts.

La première différence quasi évidente est que la permaculture concerne toutes les activités humaines, et peut être appliquée aussi bien à l’économie, qu’aux sociétés ou aux terrains agricoles. Cependant Fukuoka va plus loin que l’agriculture, puisqu’il l’a relie à l’alimentation, et plus généralement à une philosophie de vie. Fukuoka semble beaucoup moins s’intéresser à l’interconnexion des différents systèmes, mais comme le dit bien l’article, il adopte implicitement le même raisonnement que le zonage permaculturel. Fukuoka semble ne pas s’intéresser aux bâtiments, mais je suppose qu’il bénéficie déjà de la tradition culturelle durable japonaise.

Je pense que là où réside la principale différence entre permaculture et agriculture naturelle (et entre la permaculture et les formes traditionnelles de gestion durable du territoire), c’est que la permaculture est une science. Comme le dit Bill Mollison dans une interview, «si je demande à une vieille dame grecque assise dans une vigne “Pourquoi avez-vous planté des roses parmi les vignes ?”, elle me répondra “Parce que la rose est le docteur du raisin. Si vous ne plantez pas de roses, les raisins sont malades”. Cela ne m’apporte pas grand chose. Mais si je peux découvrir que la rose exsude par ses racines une substance chimique récupérée par les racines des vignes et qui repousse la mouche blanche (ce qui est la manière scientifique de dire la même chose), alors j’ai une information très utile». Je pense que tout le monde ne partage pas les vues de Mollison sur l’utilité ou l’inutilité de ces connaissances, et que c’est ce qui définit notre penchant vers la permaculture ou l’agriculture naturelle. Personnellement je serai plus proche de la pensée de Mollison, car passer d’une connaissance imagée (ou mythique) à une connaissance scientifique permet un plus large choix d’actions (par exemple remplacer la rose par une plante comestible qui exsuderait les mêmes composants).

Pour mieux appréhender ces différences, on peut faire un parallèle avec l’alimentation. On peut avoir d’un côté une alimentation traditionnelle, comme celle de l’île de Crête, très “naturelle” (produits de la mer, herbes sauvages) et de l’autre une discipline scientifique, la diététique (voir d’autres spécialités inconnues du profane que je suis), qui étudie les bonnes associations d’aliments (par exemple l’acidité du milieu de digestion), les aliments provoquant des pics d’insuline etc. (voir le travail de lanutrition.fr). Bien que les approches soient très différentes, la méthode naturelle offre un cas d’étude à la méthode scientifique, qui conforte la méthode naturelle et permet de tirer des enseignements reproductibles sur d’autres régimes alimentaires.

Bien entendu, dans les deux cas on retrouve également une approche scientifique réductionniste et à court terme, qui donne des résultats désastreux. Pour l’alimentation, ça peut être la vision purement “calorique” qui donne les régimes protéinés complètement déséquilibrés. Pour l’agriculture, ça peut être la vision de Liebig (le rendement d’une culture est limité par celui des éléments fertilisants qui le premier vient à manquer) qui donne les célèbres engrais chimiques grossiers NPK.

Rédigé par Nicollas

9 juin 2009 à 10:15

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