Mon alimentation idéale

Suite à la discussion commencée chez la petite fée coquelicot, je couche ici mes impressions du moment sur le mode d’alimentation que j’aimerais atteindre (et j’en suis extrêmement loin). Il est amusant de voir que souvent, différents critères se recoupent pour refuser l’achat d’un même produit, comme quoi tout est lié. Cet article manque encore de toutes les références nécessaire, car je cherche les meilleurs sources, si vous avez des documents qui étaillent mes propos n’hésitez pas à m’en faire part, et exprimez vos avis en commentaire !

De base

Premier point important, mes achats au niveau alimentaire doivent se porter sur des produits de base, que je transformerai moi-même. J’évite ainsi les plats préparés : trop salés, trop sucrés, trop gras, avec des additifs qui peuvent se révéler toxiques ; enrichis (au fluor, aux omegas 3, en vitamine D …) ; ou transformés (sucre, sel et céréales raffinés, grans trans ou hydrogénés …).

L’autre avantage de transformer soi-même les aliments, c’est de pouvoir les choisir en fonction de ces critères personnels. Les aliments de base constituant les plats déjà préparés sont, quand ils ne sont pas tout simplement toxiques, impossibles à tracer, et on imagine sans peine que les industriels n’ont pas le même niveau d’exigence que nous …

Local

Selon moi le critère le plus important c’est d’acheter de la nourriture locale.

Par locale, j’entends que la nourriture soit produite dans la région, et vendue si ce n’est par le producteur, par une entité locale. Ce critère de localité permet également indirectement de vérifier certains des autres critères que j’évoquerai plus tard grâce aux réglementations sociales et environnementales de notre pays, qui bien que largement améliorables offrent une garantie supérieure à celles de bien d’autres pays.

Cette exigence est stricte concernant les produits qui sont produits à la fois localement et dans d’autres pays, comme par exemple les pommes du Chili, les kiwis de Nouvelle-Zélande, les melons de Guadeloupe, la viande argentine, ou encore le riz de Chine (eh oui, on a du riz en Camargue !).

Cette exigence est moins stricte concernant les produits qui ne sont cultivés que dans des pays lointains : chocolat, sucre, banane etc. J’essaie cependant de limiter ma consommation au strict nécessaire, et de savourer un tel produit comme il se doit : un luxe. Les produits que je continue de consommer sont le sucre (complet), le chocolat et plus rarement le thé vert. J’arrive sans peine à me passer des fruits exotiques comme la banane, la mangue etc. Bien évidemment, ce n’est pas parce que ces produits viennent de l’autre bout de la planète qu’il ne faut pas leur appliquer les mêmes exigences, notamment écologiques et éthiques.

De saison

Autre exigence relevant du bon sens, ne consommer que des produits (locaux) de saison. Toute la science n’y fera rien, les tomates en été auront toujours meilleur goût qu’en hiver. Mis à part la couleur et le goût fadasses, les légumes cultivés hors saison sont extrêmement polluants (1kg de fraises en hiver nécessiterait 5L de gazoil (source WWF). Et puis, sincèrement, qui voudrait consommer des cerises (du Chili) ou des fraises en décembre, comme j’en ai vues dans les marchés de la capitale le weekend dernier ? Ou mieux, des melons en décembre (d’où la distinction entre « local » et « français ») !

Éthique

Pour les produits lointains, on pense bien évidemment commerce équitable. La législation de ces pays étant ce qu’elle est, le but du commerce équitable est d’accepter de payer (un peu) plus pour que le producteur puisse vivre dignement de sa culture. Les grands groupes ayant récupéré le commerce équitable, on se méfiera des grands labels, tels que Max Havelaard, pour privilégier les vrais labels équitables (il faut que je me penche sur la question).

Mais la question éthique va bien au delà de payer plus pour le producteur. Dans une vision plus globale, un achat éthique vise à ne pas piller les trésors d’autres cultures. Je pense aux ressources très localisées, et qui si elles conviennent à la population locale, ne peuvent supporter sans risque l’engouement des occidentaux (par exemple l’huile d’Argan).

Également à prendre en compte, la dépendance des populations locales à une culture d’exportation, qui soumet ces populations aux fluctuations des marchés, et qui se fait au détriment des cultures vivrières, avec les conséquences dramatiques que l’on connait. Certaines cultures sont aussi responsables d’une part de la déforestation, comme par exemple le soja brésilien destiné à nourrir le bétail que nous mangerons au détriment de l’Amazonie.

Me voilà lancé sur le problème de l’éthique d’une alimentation carnée. Pour moi il n’y a pas de problème moral à manger des animaux. Cependant, l’agrobusinnes étant passé par là, la viande se retrouve au centre des préoccupations éthiques. Si on décide de manger de la viande, les labels comme le label bio, permettent d’avoir certaines garanties (encore faudrait-t’il savoir exactement lesquelles). Mêmes s’ils sont rarement remis en question, les produits issus des animaux font aussi l’objet de préoccupations (par les végétaliens ou les végans notamment), que ce soit pour les oeufs, le lait, le miel …

L’éthique concerne également toute la chaîne, de la production à mon assiette. Ainsi, je n’achète plus de nourriture dans les supermarchés, qui cumulent monopole des centrales d’achat, destruction de l’emploi local, précarisation de l’emploi créé, nécessité de la voiture, matraquage publicitaire, et techniques de manipulation du consommateur.

Enfin, plus directement, le boycott de toutes les sociétés mouillées dans des activités pas très nettes, par exemple Nestlé qui essaie de vendre son lait en poudre au détriment de l’allaitement naturel, avec les morts que cela a entraîné.

Écologique

Bien évidemment, la nourriture que je veux manger devra être saine, c’est à dire sans pesticides, sans irradiations, sans OGM. Le label bio semble s’imposer de lui même. Encore faut-il se méfier du bio créé par certaines multinationales ou qui proviennent de Chine par exemple, et du prix élevé pour un producteur de se conformer au label bio. Dans tous les cas, je privilégie le local raisonné au « label bio ».

J’évite également les produits préparés et suremballés.

Le critère écologique recoupe certains critères énoncés avant. Les produits locaux ont un meilleur bilan écologique, tout comme les produits de saison. La viande est également grosse consommatrice d’eau et de céréales (surtout la viande rouge) et la concentration des bétails est une source de pollution, par exemple des nappes phréatiques.

Saine

Mon alimentation doit être saine, évidemment. Une fois encore, ce critère implique de nombreux recoupements avec ceux énoncés précédemment : manger bio, peu de viande (une fois par semaine, et plutôt de la viande blanche).

Je me méfie également de certaines informations nutritionnelles des agences officielles, et des idées répandues qui servent souvent certains lobbies. Ainsi je remets en cause le bienfait du lait de vache (notamment pour lutter contre l’ostéoporose), les produits enrichis en omega 3 (qui ne respectent même pas l’équilibre omega 3 / omega 6 …), la place des céréales dans la pyramide de l’alimentation alors qu’il n’y est fait aucune distinction entre céréales raffinées ou non …

Le contexte de l’alimentation est également important. Cuisiner, inventer des mélanges fait partie du plaisir de l’alimentation. Le moment du repas est également primordial : sans télé, assis, et en bonne compagnie !

PS : je ne donne aucun leçon ici, je suis encore très très loin de ce que je décris, mais j’y tends.

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9 commentaires

  1. salut,

    juste deux points qui me semblent importants. Pour ce que permet le bio tu peux trouver sur internet le cahier des charges du bio sur le site de l’union européenne :

    http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2007:189:0001:0023:FR:PDF

    Sinon, je ne crois pas que la grande distribution ait récupéré le commerce équitable dans le sens où si tu veux acheter des produits Max Havelaar tu peux tres bien le faire chez Artisans du monde ou d’autres petites épiceries. Apres, que la grande distribution ait tué les petits magasin je suis bien d’accord, mais ceci est vrai, commerce équitable ou pas.

    Nicolas

    http://jardinons.wordpress.com

  2. karmai: merci pour le cahier des charges, j’y jetterai un oeil.

    Pour moi les grandes surfaces ont bien récupérés le commerce équitable. Je trouve que les grandes surfaces sont aux antipodes d’un commerce éthique : suppression des emplois locaux, du commerce de proximité, organisation en centrales d’achats monopolistiques, pressions sur les producteurs (marges arrières etc.), stratégie marketing et manipulations dirigées contre le consommateur, cartes privilégiant l’achat à crédit. Bref, rien d’équitable dans l’échange commerciale entre les grandes surfaces et les producteurs ou les clients. Le café équitable (puisque c’est surtout de cela qu’il s’agit) permet aux consommateurs et aux grandes surfaces de se racheter une bonne conscience à pas cher, sans remettre en cause le reste (les produits exotiques non labelisés « équitables » sont donc ils issus d’un commerce inéquitable ?).
    Ensuite, il reste la question du label Max Havellar, qui apparemment ne serait pas si équitable que ça (ils se controlent eux mêmes, et ils ne prennent en compte qu’un petit nombre de paramètres – rien sur le transport par exemple). Il faudrait que je lise « Les dessous du commerce équitable » d’ailleurs.

  3. Re-bonjour,

    Le commerce équitable n’a jamais prétendu pouvoir rendre tout le commerce équitable du jour au lendemain. Il s’est attaché pour l’instant à donner des revenus dignes à des producteurs agricoles des pays du Tiers monde. Tu peux faire la critque que tu veux sur le systeme, et je le partage entierrement, je suis moi même à l’écoute de Christian Jacquiau lorsqu’il dénonce les marges arrières, mais celui-ci continuera, commerce équitable ou pas. Ce qui change avec le commerce équitable, c’est la perspective, c’est à dire qu’aujourd’hui de plus en plus de gens sont sensibilisés à la question de l’inégalité des rapports entres pays dominants et dominés. Sur le trajet, il y a, et ce n’est pas négligeable, des producteurs qui gagnent un peu mieux leur vie, des coopératives qui se développent. Au niveau politique, le commerce équitable démontre que l’on peut battir un monde sur d’autres critères que la main invisble d’un marché qui tendrait forcement vers « l’optimum ».

  4. Je dirais que l’avenir du « commerce équitable » est dans la régulation à l’echelle du monde comme cela s’est fait par le passé, avant les années 80 (organisation international du caffé par exemple). Il y a des gens convaincu par le commerce équitable qui font pression devant l’union européenne pour faire passer le message du commerce équitable, par exemple sur le commerce de la banane. Pour te rassurer, les agents du commerce équitable travaillent sur la question du transport également, mais c’est une question tres complexe avec les pavillons de complaisance, le fait d’être avec de nombreuses autres marchandises non équitables, etc. Enfin, pour finir, je dois dire qu’autant le premier bouquin de Jacqiau était bien fait autant celui sur le commerce équitable est assez malhonnete. Si quelques bonnes questions sont effectivement en son sein, il les a mélangé avec moult idées confuses, c’est bien dommage pour le commerce équitable en général. Je serais curieux d’en discuter avec toi une fois lecture faite.

  5. Karmai : Le commerce équitable est un concept intéressant, je ne critique pas le commerce équitable en lui même (à supposer qu’il soit bien mené ce dont je doute à l’heure actuelle).

    Ce que je critique, c’est l’utilisation du commerce équitable comme l’arbre qui cache la forêt de bananiers. Je doute que le commerce équitable fasse vraiment évoluer les mentalités et débouche sur un système plus équitable généralisé. Le commerce équitable dans sa représentation populaire est cantonné à un nombre restreint de produits (café, thé, chocolat, peut être sucre ?).

    Malgrè l’impact fort que le mot de « commerce équitable » devrait avoir, j’ai l’impression que ce n’en est rien. Les produits labelisables commerce équitable semble être dans l’imaginaire des gens les produits exotiques. Quid des vêtements (qui n’ont rien d’exotique) fabriqués en Chine ? Certes il existe des vêtements équitables, mais l’offre et le demande sont infinitésimales. Quid des producteurs de notre propre pays qui sont font exploités (par la grande distribution notamment) ? Pour moi il n’y a pas eu de prise de conscience du public. Mais le commerce équitable offre un choix aux personnes qui sont conscientes de ces problèmes et c’est une bonne chose.

    Ensuite, le commerce équitable, tout équitable qu’il soit, ne pose pas le problème général de la délocalisation de la production dans les pays pauvres. Que signifie acheter des produits équitables qui sont ou pourraient être produits localement (vêtement, fleurs …) ? Tout équitable qu’il est, le commerce mondialisé est source de pollution directe et indirecte (marée noire etc.).

    Problème également posé, le commerce, même équitable, de marchandise d’exportation des pays pauvres ne se fait-il pas au détriment des cultures vivrières de ces pays ?

    Je ne suis pas convaincu que le commerce équitable aille contre l’optimum libéral. En effet le commerce équitable peut permettre aux entreprises de faire plus de bénéfices, si par exemple le label « équitable » déculpabilise ou décomplexe l’acheteur, qui achetera alors plus. Et la perte de bénéfice pour l’entreprise peut être minime (si ça se trouve on peut doubler le salaire d’un employé en l’augmentant de $2 par paire de chaussure produite).

    Avec l’exemple du chocolat, on voit bien que le commerce équitable est aussi purement une question de marché : on se retrouve souvent à faire un choix entre du chocolat bio, et du chocolat équitable. Qu’est ce que ça signifie ? Que l’on accepte que le producteur vive dignement, mais dans une nature que l’on a contribué à dégrader ? (ou alors l’inverse, en choisissant le bio).

    Ce que je veux dire, c’est que le commerce équitable, dans son équité et son absence de domination vis à vis de l’autre, est une bonne chose en théorie. Mais c’est n’est qu’un moyen, car tout commerce devrait être équitable. Ce que le commerce équitable ne doit pas cacher, c’est l’abération de ce système « d’échange » libéral mondialisé. Et je suis convaincu qu’une des luttes contre ce système passe par la consommation locale et utile, mode de vie pour lequel le commerce équitable n’a pas de solutions (et ne cherche pas à en donner).

  6. Bonjour,

    Et oui, je suis d’accord avec toi presque à 100% avec ce que tu viens à 100%. Le commerce équitable n’est pas suffisant bien sur! Et pour ajouter un point à la remarque de Zelda, l’essentiel de la valeur ajoutée reste au Nord bien sur. A ce titre, je me souviens que c’est lorsque j’ai travaillé avec une coopérative de café au Venezuela qui essayait de torréfier elle-même que je me suis rendu compte qu’ils ne pourraient que tres difficielement exporté ce café du fait des barrières douanières européennes contre UNIQUEMENT le café torréfié pour ne pas créé de concurrence avec les multinationales du café. Alors oui bien sur le commerce équitable ne changera pas le monde (comme certaines affiches franchement ratées de Max Havelaat ou de Alter Eco le prétendaient) mais cela reste un moyen de toucher des producteurs en suivant leur requete « Trade not aid ».
    D’autre part, je te suis completement sur le fait que ca n’empeche pas les gens de consommer, encore une fois, je crois que les gens qui peuvent être convaincu par un produit équitable peuvent être amené à une reflexion personnel sur beaucoup d’autres de leurs consommations, ce que je pense positif. Le probleme du commerce équitable est un peu celui du « developpement durable » à mes yeux, c’est qu’on pense qu’on peut changer les inégalités sans aller contre les intérets de certains. Mais rendre tout le commerce équitable impliquera des luttes politiques tres fortes que les détenteurs de label dans le monde ne peuvent aujourd’hui pas du tout gagner. Alors comme tu viens de le démontrer, le commerce équitable n’est pas LA solution, mais pour moi elle continue de rester un élément pédagogique pour convaincre du changement politique à opérer.

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