Bon repos, Fukuoka-sama

Masanobu Fukuoka, pionier de l’agriculture naturelle, est décédé il y a quelques jours à l’âge honorable de 95 ans.

La disparition de M. Fukuoka m’a touchée. J’ai perçu à la lecture de son livre « La révolution d’un seul brin de paille » une certaine vérité, que je ne peux qu’éfleurer à l’heure actuelle, car trop éloigné de la Nature. Au départ je ne voyais l’agriculture naturelle que comme une brique conceptuelle de la permaculture (la culture du riz étant peu transposable). Cependant plus j’y réfléchis, et plus je vois l’agriculture naturelle comme à la fois complémentaire et opposée à la permaculture (voir en particulier cet article). D’un côté un design très étudié s’appliquant à la Nature, et de l’autre une Nature guidant un processus ou le jugement humain, discriminant, doit être le moins présent. Ces deux approches me séduisent énormément. Quand j’aurai un lopin de terre, je ferai pousser aussi bien des tomates dans un design complexe d’interractions et de paramètres qu’en semant des graines n’importe où à la volée comme le faisait Fukuoka.

La révolution du brin de paille est en marche …

Masanobu Fukuoka

Le but ultime de l’agriculture n’est pas la culture des récoltes, mais la culture et la perfection des êtres humains. — Masanobu Fukuoka

5 commentaires

  1. Je pense que l’opposition entre les deux « écoles » n’est qu’apparente, la clé est à mon avis l’observation, c’est à dire que c’est en observant bien qu’on voit quoi faire et quoi ne pas faire, qu’on voit quoi planter et ne pas planter, quoi ajouter et quoi laisser tel quel, etc. Observer bien ça suppose de ne pas placer ses idées avant l’observation, c’est peut-être le plus dur.

  2. J’ai encore du mal à saisir les liens entre permaculture et agriculture naturelle. Plus ça va et plus je me demande si ce n’est pas la complémentarité qui n’est qu’apparente. Mais j’ai du mal à formuler ma pensée.

    Il faudrait que j’étudie plus comment Fukuoka gère son potager, car il n’en parle que très peu dans L’Agriculture Naturelle et pas dans la révolution d’un seul brin de paille (peut être dans son dernier bouquin ?).

    Mais j’ai l’impression que la permaculture essaie de comprendre la Nature par l’observation, et de la répéter sur des parcelles définies (ex le potager), alors que Fukuoka a plus tendance a faire émerger les choses de la nature et a rectifier certaines choses grace a cela, mais sans essayer d’abstraire un véritable design.

    Par exemple Fukuoka jette des graines au hasard pour que les plantes trouvent leur emplacement, et j’imagine qu’éventuellement il ne ressemera qu’aux endroits ou les plantes ont poussé, mais il se laisse guider par la Nature sans essayer de la conceptualiser.

    Enfin c’est vague, mais c’est l’impression que j’ai eu à lisant l’Agriculture Naturelle, ou il parle beaucoup de « vision discriminante »

  3. Contrairement à toi je n’ai rien lu de Fukuoka, et ça fausse peut-être un peu ma vision des deux « écoles ». Du peu que j’ai lu de sa méthode, il essaie en gros d’interférer le moins possible avec le fonctionnement sauvage de l’endroit cultivé (qui du coup se cultive presque tout seul).
    Dans ce que dit Mollison, à l’inverse, il y a un côté « planification fonctionnelle » très poussé , et on a souvent l’impression qu’il s’agit de partir de rien et de tout planter, tout organiser.
    Mais je crois que cette opposition est juste apparente, en réalité on part toujours de quelque-chose de préexistant, d’un endroit où d’autres avant nous ont laissé leur trace, et qui n’est jamais totalement sauvage. Et ce qu’on y fera en fonction de ça pourra relever des deux approches à la fois.
    Once he has tilted the balance slightly in favor of his crops Fukuoka interferes as little as possible with the plant and animal communities in his fields. dit l’article. Sauf que pour déplacer cet équilibre en faveur des plantes qui nous intéressent, selon l’endroit où on se trouve ça peut demander un boulot énorme, qui peut prendre la forme d’une grosse planification, c’est en ça que les deux façons de faire se rejoignent. Dans mon cas, j’ai un carré qui est carencé en humus et compacté dans une partie, engorgé de matière organique archaïque et parfois d’eau dans l’autre partie. Faire en sorte qu’il y ait là des conditions favorables à la croissance de ce que j’y cultive demande soit beaucoup de coups de bêche, soit beaucoup d’années.
    Une autre différence est que dans la permaculture on assigne des fonctions précises à chaque carré, alors que chez Fukuoka c’est plus flou, c’est chaque zone (et chaque transition entre zones) qui se définit plus ou moins toute seule. En pratique j’ai remarqué que c’est bien souvent un compromis entre les deux, c’est en fonction de ce que je vois de tel ou tel endroit que je décide quoi y faire (et ne pas y faire), et ce qui pousse sur chaque carré est un compromis résultant de ses caractéristiques propres et de ce que j’y fais. En ce moment, grosses récoltes d’amaranthe sauvage et de chénopode, installés à la faveur des chaleurs estivales sur un carré où les fientes de poules que j’ai données aux choux l’automne dernier sont visiblement encore « actives ».
    (et je raconte tout ça alors qu’à la base je cultive plutôt en biointensive, c’est là qu’on voit que la pratique mélange ce que les principes séparent).

  4. Nous venons de perdre un grand homme. Mais la vie de la planète continue !
    Nous avons la chance de connaître quelqu’un qui met en pratique autant que faire se peut l’enseignement de Fukuoka dans le Médoc. C’est plus qu’intéressant. La démarche est très difficile et demande une connaissance très pointue du fonctionnement de la nature et de la « mécanique » des végétaux.
    Chapeau à tous ces amoureux de notre planète !…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s