Dieu est-il exploitant agricole ou permaculteur ?

Télescopage d’idées :

Un texte de la genèse, qui résume bien l’agriculture productiviste :

26- Et Dieu dit : ‘Faisons l’homme selon notre image, à notre ressemblance; et qu’il domine sur les poissons de la mer et sur les volatiles des cieux et sur les bêtes, et sur toutes les bêtes rampantes qui rampent sur la terre
27- Et Dieu créa l’homme selon son image, selon l’image de Dieu il le créa, mâle et femelle il les créa
28- Dieu les bénit et leur Dieu : Portez du fruit, et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la, et dominez les poissons de la mer et les volatiles des cieux, et toutes les bêtes qui rampent sur la terre.

— Genèse 1:26-28

Mais Dieu n’est-il pas plutôt ce permaculteur génial, dont le design est si impressionnant qu’il prouve à lui seul son existence, comme le pensent les tenants de l’intelligent design ?

Prochainement, un article des témoins de Jehovah prouvant l’existence de Dieu grâce aux nodosités des légumineuses, si Zelda n’a pas recyclé le magazine …

12 commentaires

  1. D’après wikipedia :

    Le livre de la Genèse, en tant qu’œuvre, ne mentionne aucune assignation à un auteur ; c’est un article de la foi juive orthodoxe de croire que le livre fut dicté dans son entièreté par Dieu à Moïse sur le mont Sinaï.
    Pour de nombreuses raisons, cette assertion n’est plus acceptée depuis longtemps par de nombreux biblistes académiques et protestants libéraux. Ceux-ci se fondent au contraire sur une théorie, dont les racines sont basées sur l’évolution culturelle et le naturalisme philosophique, et qui enseigne que le texte du Livre de la Genèse tel qu’on le connaît aujourd’hui fut compilé aux alentours de 440 AEC, à partir de sources antérieures puisant dans les cultures environnantes, principalement celle de Sumer, dont les patriarches sont supposés avoir hérité.

  2. à partir de sources antérieures puisant dans les cultures environnantes, principalement celle de Sumer

    C’est marrant parce-que sur cette page on peut lire : La civilisation sumérienne est apparue selon Jean Margueron du fait que l’épeautre – céréale poussant naturellement depuis des millénaires à proximité des berges du Tigre et l’Euphrate – a permis il y a 9000 ans à l’homme d’alors de se sédentariser en remplaçant le besoin de s’alimenter au jour le jour par la possibilité de stocker des céréales, donc des aliments, sur une année. Cette mutation décisive induisit les premières structures urbaines, rendant nécessaires des travaux d’irrigation d’une exceptionnelle ampleur, sur des milliers d’hectares. La civilisation sumérienne se développa en inventant l’écriture et l’architecture.
    […]
    Cette civilisation a probablement décliné et disparu à cause de la stérilisation saline des terres agricoles (l’infiltration dans les sols des eaux d’irrigation aurait fait monter à la surface et s’y concentrer les sels minéraux contenus dans la nappe phréatique) et du déplacement géographique des lits des fleuves.

    Comme quoi, pas besoin d’industrialisation pour faire des conneries…

    Mais ça pose aussi la question de l’urbanité. Nombreux sont les exemples historiques dans lesquels le développement des villes s’est accompagné d’un épuisement des sols agricoles. Je crois que chez les Incas et en Chine il y a eu des exemples de villes avec agriculture soutenable, mais dans tous les cas des villes de taille réduite avec une agriculture très manuelle (c’est dans le bouquin de Mazoyer et Roudard je crois, mais je l’ai plus sous la main).
    Au final on se rend compte que la réflexion sur l’agriculture soutenable, si on tient à l’appliquer, remet en question des choses qui datent de 9000 ans, remet en question la forme des villes et tout ce qui va avec (culture, écriture, sciences, enseignement formalisé etc.). Une production agricole manuelle et décentralisée, si elle se développe, va vers une culture humaine plus orale, avec moins de supports techniques, va aussi vers une sédentarité accrue et vers des échanges humains de moindre ampleur. Je sais pas si on aura le choix ou non (nous ou ceux d’après nous) mais on peut toujours se demander si ça nous plairait. Pour ma part je sais pas.

  3. Bon alors maintenant avec les cultures hors-sol sous serre on s’en fiche de la salinisation des nappes, et de toute façon les scientifiques vont bien trouver une solution.
    Non ?
    ;-)

    Plus j’y réfléchis, plus je me dit que la permaculture n’est qu’une solution transitoire et lorsque certains disent que c’est un outil pour accompagner notre descente (énergétique) ils ne plaisantent pas. Après 9-10 mille ans d’utilisation abusive de l’environnement il faudra probablement revenir aux paléo-solutions (à moins que le Jésus ou les Elohim interviennent), mais comme il est impossible d’y retourner du jour au lendemain, faut bien trouver des solutions intermédiaires.

  4. Non si on prend la permaculture comme une sorte d’agriculture. On essaye de faire au mieux, d’être éthique, intelligent, penser à la durabilité, etc. Mais elle souffrirait des mêmes défauts fondamentaux que l’agriculture: sédentarisation, propriété foncière, organisation, hiérarchie, etc…

    Ca marcherait si on faisait de la « permaculture globale » et que notre jardin serait le jardin de tous, et inversément. Une sorte de nouveau Jardin d’Eden. On a du pain sur la planche pour arriver là !

    Il faudrait d’ailleurs compléter le post:

    (Au début la permaculture va de soi)

    1.29 Et Dieu dit: Voici, je vous donne toute herbe portant de la semence et qui est à la surface de toute la terre, et tout arbre ayant en lui du fruit d’arbre et portant de la semence: ce sera votre nourriture.
    2.15 L’Éternel Dieu prit l’homme, et le plaça dans le jardin d’Éden pour le cultiver et pour le garder.
    2.25 L’homme et sa femme étaient tous deux nus, et ils n’en avaient point honte.

    (Ensuite l’agriculture prend le relais, c’est moins agréable)

    3.17 (…) le sol sera maudit à cause de toi. C’est à force de peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie,
    3.18 il te produira des épines et des ronces, et tu mangeras de l’herbe des champs.
    3.19 C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain(…)
    3.23 Et l’Éternel Dieu le chassa du jardin d’Éden, pour qu’il cultivât la terre(…)

    Bon, ça mériterait certaintement un développement plus poussé ;-)

  5. Mais elle souffrirait des mêmes défauts fondamentaux que l’agriculture: sédentarisation, propriété foncière, organisation, hiérarchie, etc…
    Il faut un minimum d’organisation pour une production alimentaire (et la sédentarisation va de pair, s’il ne s’agit pas de chasse-cueillette). après je sais pas ce que tu entendais par organisation.
    Propriété foncière et hiérarchie par contre je dirais que ça dépend des gens, pas du fait qu’ils fassent de la permaculture ou non.

    Ca marcherait si on faisait de la “permaculture globale” et que notre jardin serait le jardin de tous, et inversément. Une sorte de nouveau Jardin d’Eden. On a du pain sur la planche pour arriver là !
    Là aussi je pense que ça dépend des gens et pas vraiment de la permaculture. Le problème des ressources communes (« le jardin de tous »), c’est que bien souvent leur usage est à tout le monde mais leur responsabilité n’est à personne. C’est gérable à petite échelle (entre gens qui se connaissent plus ou moins) en fixant des règles par consensus, mais à grande échelle c’est déjà plus compliqué.
    Par ailleurs en pratique pour bien s’occuper d’un jardin il faut bien le connaître, et passer du temps à observer ce qui y vit, les roches qu’il y a en dessous, le climat qu’il y a au dessus, comment tout ça interagit. Cela implique qu’on ait un lien particulier avec un ou des endroits plus qu’avec d’autres, donc nécessairement une relative sédentarité.

  6. Je me demande quel est la meilleure organisation pour l’après pétrole. Naïvement j’ai tendance à dire des maisons légères entourées d’assez de terrain pour la nourriture et le chauffage, mais je ne sais pas si c’est possible vu la pression démographique. Mais certains disent que le meilleur modèle ce sont des villes (pas trop grandes) entourées de bandes agricoles suceptibles de les faire vivre.
    Tout le monde s’accorde à dire que les suburbs c’est la catastrophe, mais pour l’après pétrole, je me demande si ce n’est pas si mal que « chacun » ait son petit bout de terre pour faire un potager, il me semble que c’est ce qu’il y a de plus productif (ce qu’il s’est passé en Russie). Les gens entassés dans des immeubles, je suis plus inquiet pour eux, vu que le partage n’est pas dans nos habitudes …

    Imago, il ne me semble pas spécialement que le permaculture soit reliée à la propriété foncière ou à la hiérarchie. Ton idée est séduisante, mais je n’y crois franchement pas. Il existe un étage entre notre organisation et le jardin d’Eden, ça serait la redistribution des terres, ce qui s’est passé à Cuba par exemple.

    Je ne savais pas qu’ils avaient besoin de cultiver au jardin d’Eden. Ça couvre peut être seulement la cueillette.

  7. Je pense aussi que des maisons bien réparties avec assez de surface par personne seraient l’idéal, mais c’est plus ou moins compliqué selon l’endroit où on se trouve. Quand je vois tous les champs transformés en lotissements desfois j’ai envie de fuir.
    Le modèle des petites villes avec ceinture agricole semble peu énergivore (chauffage et déplacements) et a déjà existé, par contre la vie urbaine est une vie « hors-sol », qui implique des choses pas forcément désirables.
    Dans tous les cas, en partant des situations actuelles, si le besoin s’en fait ressentir (et on dirait que ça commence à être le cas) il y a des chances que tout ce qui est jardinable le soit, mais ça ne suffira peut-être pas à couvrir tous les besoins, soit par maladresse culturale, soit par manque de place.
    Tant qu’il y aura de grandes villes et/ou des maisons avec des jardins trop petits, il faudra de grandes cultures céréalières pour compenser. Ça ramène au problème de l’autoproduction de grains.

  8. Par rapport à la propriété foncière, ce que je voulais dire c’est que pour mettre en pratique la permaculture pour son auto-suffisance, il faut avoir accès à la terre. De nos jours ça signifie être propriétaire ou locataire (au moins à très long terme) d’un terrain. Ce terrain il faut ensuite qu’il soit protégé contre ceux qui n’en n’ont pas. Ce droit foncier et cette protection sont dépendante d’une infrastructure lourde, d’une administration, d’une police, etc, tout ce qui fait notre civilisation. On voit où ça nous mène, la solution, s’il y en a doit aller au-delà.

    Certains croient au paradis céleste, d’autres à la conquète spatiale, moi j’ai envie de croire à un nouveau paradis sur terre. La permaculture nous permettrait de soigner la terre et les gens, de le mettre en place, et de le partager équitablement. Ensuite notre rôle, en tant qu’humains, serait simplement de l’entretenir. C’est bien sûr une sorte d’utopie, moi je m’en sers pour écarter ce qui nous en éloigne et pour favoriser ce qui nous en rapprocherait (le but de l’éthique). Concrètement, à part persister dans la voie que chacun ici a choisie, il n’y a rien à faire à part surfer sur les vagues de l’Histoire, en d’autres termes, survivre et montrer la voie.

  9. Ce droit foncier et cette protection sont dépendante d’une infrastructure lourde, d’une administration, d’une police, etc, tout ce qui fait notre civilisation. On voit où ça nous mène, la solution, s’il y en a doit aller au-delà.
    C’est le contexte actuel, mais ça ne veut pas dire que c’est la seule façon de faire de la permaculture. Dans le genre utopies, il y a aussi « Bolo’Bolo » qui vaut le coup d’oeil.

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