Quelle agriculture pour l’après développement ? (partie 1)

Première partie d’un article que j’écris pour présenter la permaculture à un public décroissant. Le texte est en ébauche, et votre avis est plus que bienvenu.

Première partie : L’agriculture productiviste, la guerre à la Nature

L’agriculture, au même titre que les autres domaines, est devenue le rouage d’une économie de marché libérale et mondialisée. Alors que jusqu’à récemment, faire pousser de quoi se nourrir était une activité paysane d’auto-subsistance largement partagée, elle est devenue dans les pays «développés» une activité économique concernant une petite minorité de la population, faite d’agriculteurs et d’exploitants agricoles (La population agricole représentait près de 63% de la population active française en 1850, un peu plus de 20% en 1962 et moins de 4% en 2004. Calculs issus des données du Quid.). Cette réduction de la population agricole n’a pu se faire qu’en augmentant drastiquement la productivité des exploitations agricoles, sous l’effet de la révolution «verte». Cette dernière a vu augmenter la productivité grâce à la sélection de variétés à haut rendement, la mécanisation, l’irrigation, l’utilisation d’engrais et de pesticides de synthèse.

L’agriculture productiviste

Prenons l’exemple d’un champ de blé cultivé actuellement en France. La recherche de rendement maximal par agriculteur nécessite une exploitation de cette céréale sur de grandes surfaces (En France, la surface moyenne d’une exploitation de blé est de 21ha, soit pratiquement 30 terrains de football. Source: INSEE (2004).). L’augmentation de la surface des parcelles a réduit fortement le nombre de haies qui cloturaient ces parcelles, avec pour conséquence une perte significative de la biodiversité, et notamment la destruction des habitats de prédateurs d’insectes et d’animaux s’attaquant aux récoltes. Dans le même temps, la spécialisation en monoculture (culture d’une seule variété) offre une étendue vaste mais concentrée de nourriture aux «nuisibles», qui n’ont ni prédateur, ni culture intercalée pour freiner ou stopper leur progression. L’agriculteur doit réguler artificiellement cette population en utilisant des pesticides chimiques. Ces derniers nécessitent des énergies fossiles pour leur conception, et leur utilisation détruit la faune du sol qui enrichit ce derniers en matières organiques. L’exploitation de surfaces aussi grandes doit être mécanisée. Cette mécanisation nécessite l’utilisation d’énergies fossiles pour le fonctionnement des machines, dont l’utilisation provoque un tassement du sol. Ce tassement, ajouté à la disparition des arbres (de haies) et des vers de terres, rend la terre moins perméable à l’eau et accentue donc le phénomène d’érosion. La monoculture laisse le sol à nu après la récolte. Le sol est colonisé par les «mauvaises» herbes. La suppression des mauvaises herbes nécessité l’emploi d’herbicides et d’un labour profond (qui a aussi pour but de décompacter la terre). Le labour finit de tuer les organismes du sol. Le blé et les tiges qui ont poussé sur le champs sont récoltés mais ne retournent jamais à la terre (sous forme de paillis pour les tiges ou de compost pour les grains). Il y a donc une perte de matière organique prète à être décomposée par les organismes du sol pour servir de nutriments à de nouvelles plantes. L’érosion provoquée par le tassement des sols provoque la perte des matières organiques du sol à chaque pluie. Pour compenser cette perte de fertilité, l’agriculteur doit en apporter sous forme artificielle par l’ajout d’engrais chimiques, nécessitant de l’énergie fossile pour leur conception (et leur épandage via des machines). Tout élément apporté par les engrais qui ne sera pas utilisé s’écoulera avec les prochaines pluies et polluera les rivières et les nappes phréatiques.

Comme on le voit, l’agriculture productiviste est un combat mené contre la Nature, qui entraîne la disparition de la vie du sol et sa capacité à faire pousser notre nourriture. Cette destruction du sol est actuellement compensée par l’apport massif d’engrais issus des énergies fossiles, qui permettent de faire pousser de la nourriture sur un sol considéré comme un substrat inerte. Cependant cette méthode se heurte à deux problèmes : les dommages «collatéraux» que sont la perte de la biodiversité, les pollutions diverses etc.; et la fin annoncée de l’énergie fossile bon marché.

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13 commentaires

  1. Cette réduction de la population agricole n’a pu se faire qu’en augmentant drastiquement la productivité des exploitations agricoles
    Je pense qu’il faut préciser de quelle productivité tu parles. Ce que tu dis est vrai pour la productivité par personne, ça l’est moins clairement pour la productivité par surface. Il y a un rapport récent de la FAO (si je confonds pas) que j’ai vu cité sur divers forums (dont onpeutlefaire.com), montrant que la productivité surfacique est plus élevée dans les petites fermes que dans les grandes. C’est surtout lié au fait qu’en travaillant à une échelle plus petite le soin manuel apporté aux cultures favorise de bons rendements. A grande échelle (dans les exploitation modernes) l’usage de variétés « hybrides F1 » augmente la productivité, mais les soins moindres tendent à la faire baisser, et le bilan entre les deux semble globalement négatif d’après le rapport en question.
    Le problème des rendements surfaciques est qu’il est facilement calculable pour des monocultures justement, mais dans des systèmes traditionnels comme par exemple le trio maïs, haricot grimpant et courge, les calculs ne sont pas transposables tels quels. Du moins si on le fait on aura des rendements surfaciques en maïs apparamment bien inférieurs à celui des monocultures de maïs F1, mais la réalité est plus complexe.

    Les haies ont aussi un effet sur le climat (atténuation du vent), sur la teneur en eau dans le sol (plus élevée près des haies par l’ombre et le paillage qu’elles procurent) et sur la teneur des horizons superficiels en certains minéraux que les arbres formant la haie vont prélever dans les horizons profonds.

    Concernant le tassement du sol, c’est vrai pour les machines classiques, en revanche les machines conçues pour le semis direct atténuent le problème. Le semis direct est d’ailleurs un exemple de pratique qui se veut soutenable, mais qui la plupart du temps a lieu à une échelle industrielle et qui ne va pas spécialement dans le sens de plus d’autonomie. C’est là qu’on voit que « soutenable » et « autonome » ne vont pas nécessairement ensemble.

    La monoculture laisse le sol à nu après la récolte
    Sauf si on met une autre monoculture après ;-)

    La suppression des mauvaises herbes nécessité l’emploi d’herbicides et d’un labour profond
    Pas nécessairement profond. Le labour initial servait uniquement à désherber, et était très superficiel.
    Le labour n’est pas forcément néfaste pour la vie du sol, ça dépend des sols. Dans certains sols froids où la matière organique évolue lentement (par exemple en montagne), le labour (et le désherbage) sont bénéfiques car ils permettent au soleil de réchauffer la terre et d’y favoriser le développement de la vie microbienne (tous les détails dans un prochain article sur le blog du sens de l’humus…).

    L’érosion provoquée par le tassement des sols
    Tu peux préciser?

    Concernant la biodiversité, son lien avec la productivité n’est pas clair, et varie selon les écosystèmes. Dans certains, la biodiversité favorise la productivité et la résilience, dans d’autres elle le fait jusqu’à un certain seuil (au delà du seuil en question elle ne change rien), dans d’autres encore il n’y a aucun lien entre biodiversité et productivité. Donc pour ceux qui ne considèrent pas que la biodiversité est à maintenir pour ce qu’elle est, sa pertinence dans les systèmes agraires est discutable.

    Autre question : la Nature, c’est quoi? Comment définir ce qui n’est pas naturel?
    Pour certains ce n’est pas naturel de manger des céréales par exemple. C’est pour ça que la notion de Nature en agriculture me pose un peu problème.

  2. « l’agriculture productiviste est un combat mené contre la Nature, qui entraîne la disparition de la vie du sol et sa capacité à faire pousser notre nourriture »
    oui enfin, c’est un façon de voir les choses…on peut interpreter de bien des manières différents les informations qui nous parviennent.

  3. Comme j’aime à le répéter, pour moi l’agriculture productiviste n’est que le résultat d’une fuite en avant qui commence par un peu de mécanisation et de chimisation. En mettant ne serait-ce qu’un cheval au travail, on tombe dans la monoculture (certes à petite échelle encore). En mettant un peu de guano importé du Chili, on perturbe la vie du sol et le métabolisme de la plante. Donc elle tombe malade, et il faut un chouia de bouillie bordelaise ou bien une pincée de sulfates, ainsi qu’un peu de purin d’orties. Ceci continue à perturber la vie du sol, si bien qu’après moins de cent ans, on doit en venir aux grands moyens concoctés par Sygenta & consorts. Même topo côté mécanisation (il faut produire toujours plus pour payer les intérêts sur le matériel) et côté engrais (il faut en mettre toujours davantage à mesure que la vie du sol disparaît). Et on arrive à notre système agricole actuel sans jamais l’avoir choisi explicitement.

  4. Koldo: merci pour tes commentaires :)

    Je pense qu’il faut préciser de quelle productivité tu parles. Ce que tu dis est vrai pour la productivité par personne, ça l’est moins clairement pour la productivité par surface.

    Tout à fait, la distinction est importante. C’est d’ailleurs cette haute productivité par personne qui a libéré des bras pour l’industrie.

    Concernant le tassement du sol, c’est vrai pour les machines classiques, en revanche les machines conçues pour le semis direct atténuent le problème.

    Disons, comme pour ta remarque sur le sol pas forcément laissé à nu après une monoculture, que ces problèmes peuvent émerger à cause de l’agriculture productiviste. Une agriculture personnelle comme dit kristen, ou avec des animaux compacte moins qu’avec des machines, et une polyculture a peu de chance de laisser le sol a nu vu l’étalement des périodes de récoltent des différents éléments (encore plus quand c’est une polyculture pérenne permaculturelle).

    Le semis direct est d’ailleurs un exemple de pratique qui se veut soutenable, mais qui la plupart du temps a lieu à une échelle industrielle et qui ne va pas spécialement dans le sens de plus d’autonomie. C’est là qu’on voit que “soutenable” et “autonome” ne vont pas nécessairement ensemble.

    Autant le semis direct est surement plus soutenable que l’agri. productiviste, autant je me demande si elle est soutenable. Le semis direct sous couvert végétal ou l’agroforesterie sont des avancées, mais qui ne sont clairement pas radicaux, on reste dans le même système. Je me demande même s’il n’y a pas un pourcentage minimum de population agricole pour que notre mode de vie soit durable.
    Quant à l’autonomie, j’ai lu un commentaire intéressant du permaculteur Toby Hemenway qui trouvait que pour lui la permaculture n’impliquait pas l’autonomie alimentaire, mais plutôt que la production de nourriture de la communauté soit plannifié suivant l’éthique permaculturelle.

    Pas nécessairement profond. Le labour initial servait uniquement à désherber, et était très superficiel.

    Je me suis mal exprimé, le labour est utilisé pour désherber, le fait qu’il soit profond est plus en relation avec le décompactage.

    Le labour n’est pas forcément néfaste pour la vie du sol […] tous les détails dans un prochain article sur le blog du sens de l’humus

    Chouette :)

    >L’érosion provoquée par le tassement des sols
    Tu peux préciser?

    C’est encore une fois maladroit, je veux parler d’une érosion du à l’eau qui ne pénètre pas dans le sol à cause de sa compaction

    Autre question : la Nature, c’est quoi? Comment définir ce qui n’est pas naturel?
    Pour certains ce n’est pas naturel de manger des céréales par exemple. C’est pour ça que la notion de Nature en agriculture me pose un peu problème.

    Ah ça c’est une vaste question :)
    Ça me fait penser à un article intéressant sur les plantes natives, de Toby (encore).
    Qu’est ce que la Nature ? La campagne, les forêts d’Europe, la fôret primaire ?
    Cette notion est encore très floue, j’aborde à peine la question. Pour l’instant, l’idée que je me fais de la nature, ce n’est pas vraiment un biotope mais plus un processus. Pour moi la nature, ou serait-ce plutot Gaia (mais je n’ai pas lu Lovelock) (je sais que tu n’aimes pas ce terme :) ), c’est le processus de résilience qu’on peut voir par exemple dans les maladies et nuisibles (supression des cultures mal adaptées ou issues de pratiques culturales mal adaptées) ou les mauvaises herbes (qui sont des pionières de la succession). C’est pour cela que je vois dans la permaculture ou dans les pratiques de fukuoka une agriculture naturelle, ou l’action de « cultiver la nature », ou peut être de réconcilier paléolithique et néolithique :)

  5. Jef: oui enfin, c’est un façon de voir les choses…on peut interpreter de bien des manières différents les informations qui nous parviennent.

    Je suis intéressé par tes interprétations

  6. Kristen: Le cercle vicieux, c’est ce que j’essaie de montrer avec cette partie sur l’agriculture productiviste.

    Je ne suis pas sur que le cheval ait conduit aux OGMs. Il me semble que les paysans utilisaient des animaux de traits, mais que leur production était aussi pour leur auto-suffisance.
    J’ai l’impression que les facteurs politiques sont prépondérants. Si les paysans ont utilisé la monoculture à petite échelle, est ce que ce n’était pas pour dégager un surplus de production pour pouvoir s’aquitter des impots auprès des seigneurs et du clergé ? Je ne sais pas.
    De même actuellement, je pense que les politiques agricoles ont énormément joué, aides aux grosses exploitations et à la productivité par personne (d’ou monoculture), prime à l’arrachage des arbres, plan Marshall qui réserve la production de mais et soja aux USA, etc.

    Ensuite concernant l’engrenage, certains le font commencer avec la première révolution agricole du néolithique :)

  7. En mettant un peu de guano importé du Chili, on perturbe la vie du sol et le métabolisme de la plante (Kristen)
    Moi je mets du guano de mon poulailler là où ça manque d’azote, et ça se passe très bien. Il y a quelque-chose de spécial avec le guano du Chili?

    Toby Hemenway qui trouvait que pour lui la permaculture n’impliquait pas l’autonomie alimentaire, mais plutôt que la production de nourriture de la communauté soit plannifié suivant l’éthique permaculturelle.
    Quels sont les cas où l’autonomie alimentaire va à l’encontre de l’éthique permaculturale?

    (je sais que tu n’aimes pas ce terme :) )
    (j’ai écrit ça quelque-part?)

    le processus de résilience qu’on peut voir par exemple dans les maladies et nuisibles (supression des cultures mal adaptées ou issues de pratiques culturales mal adaptées) ou les mauvaises herbes (qui sont des pionières de la succession).
    Oui, c’est une question de rapports (harmonieux ou conflictuels) entre les choses domestiques et les choses non domestiquables (je préfère le dire comme ça qu’employer le terme nature, car les choses non domestiquables ne concernent pas que nos paysages physiques).

  8. Je suis assez d’accord avec l’interprétation consistant à faire remonter au néolithique le caractère non-soutenable de l’agriculture telle qu’on la connaît. Seule la plantation de haies en Europe vers la fin du Moyen-Age a réussi à inverser la pente de destruction des sols (d’ailleurs certains y voient le germe de la révolution industrielle, laquelle a ensuite arraché lesdites haies), comme quoi c’est peut-être en refaisant la paix avec la forêt qui l’a vue naître que l’humanité s’en sortira.

  9. Quelques remarques puisqu’elles sont demandées.

    La révolution verte n’est pas responsable de la désertification rurale de l’après guerre en Europe de l’ouest. La révolution verte est un programme des années 50-70 qui vise a stimuler, notamment en Asie, la productivité. La révolution verte, comme les programme de reforme agraire en Amérique latine, était donc justement destiné au pays non développés. En dehors d’objectifs tout simplement humains, ces deux politiques avait comme but proclamés d’empêcher une trop grande pauvreté, qui avait tendance à être un ferment favorable au communisme.

    Un autre point qui a été soulevé, a priori, pour ce que je connais, le tassement des engins agricoles ne provoquent pas de phénomènes d’érosion. Par contre, comme tu l’as bien écris, il provoque des tassement qui empêche une bonne infiltration de l’eau.

    Autre point qui a déjà été soulevé, ce n’est pas la monoculture qui laisse les sols nus. Tu peux faire des cultures associées qui laissent le sols à nu pendant une période de l’année (genre haricot/mais d’Avril à Septembre puis labour en octobre qui laisse le sol nu pendant l’automne).

    Les blés et les tiges retournent parfois à la terre. Souvent les paysans font des echanges et fournissent de la paille à un voisin qui fait de l’elevage. Melangés avec les excrements des animaux il en obtient du fumier.

    L’érosion des sols en France est aussi due à l’absence de barrieres naturelles au vent qui peut donc enmener des limons (elements tres leger du sol), ou des zones de pentes qui sont laissés à nues (tassées ou non) pendant des periodes de pluies et aussi les croutes de battances qui effectivement ne permettent plus une bonne infiltration de l’eau qui s’écoule donc en surface.

    En ce qui concerne la guerre à la nature, il faut souligner que comme toute guerre, ce ne sont pas les troufions qui vivent misérablement dans les tranchées qui la planifie et la désire. Les agriculteurs sont les premiers malheureux de cette guerre qu’ils sont obligés de faire contre la nature qu’ils aiment. Cette précision me parait importante.

  10. Karmai: merci pour les précisions.

    Je vais corriger mon texte avec toutes vos remarques.

    Un point intéressant concernant la monoculture, je suis en train de lire « De l’inégalité parmi les sociétés », et l’auteur dit que la (une des ?) cause de la monoculture en Eurasie est la disponibilité de mammifères domesticables pouvant accomplir un travail de labour. Animaux inexistants par exemple en amérique du temps des domestications car l’amérique a rapidement perdu ses gros mammifères par une prédation totale par les premiers hommes qui s’y sont installés, rendue facile car ses animaux n’avaient pas évolués à côté des humains.
    (mais j’en saurai plus lors du chapitre consacré à la domestication animale je présume)

  11. Salut Nicollas,

    Il ne me semble pas que Jared Diamond dise que la presence de grand mammiferes domesticables soit une des causes de la monoculture.

    En fait, il faut bien dissocier plusieurs phenomenes differents qui sont parfois classés comme « monoculture ».

    Il y a d’abord la pratique qui consiste a ne pas pratiquer de rotation et de faire revenir toujours la meme plante apres chaque cycle. Cela a souvent comme consequence un appauvrissement des strates pedologiques exploitées, des risques sanitaires graves par propagation aisée des epidemies, etc. les exemples aujourd’hui sont assez nombreux des cotes bananiere d’equateur a la beauce.

    Il y a ensuite la monoculture qui consiste a ne mettre sur une parcelle qu’une seule plante. Donc la monoculture s’opposerait aux cultures associées. La il est exacte de dire que le labour ne se prete pas beaucoup aux cultures associées car elle requierent assez souvent des itineraires techniques manuels (pas ce n’est pas toujours vrai).

    Pour revenir a Jared Diamond (et son excellent bouquin) je pense que si il a dit ca, il a tord, car il est evident que d’autres nations, sans labour avec traction animale, faisaient de la monoculture (quel que soit le sens que tu lui donnes). Les incas avaient des monocultures de quinoa et de mais par exemple alors qu’ils ne disposait que de la tacla pour travailler le sol.

  12. Il ne me semble pas que Jared Diamond dise que la presence de grand mammiferes domesticables soit une des causes de la monoculture.

    Ca y est j’ai retrouvé le passage, c’est page 184 de l’édition de poche, Chapitre « comment faire une amande », avant le tableau 7.1 sur les grands types de cultures.

  13. C’est plus subtile que ca. Ce que jared Diamond dit c’est que d’abord a été développée la monoculture puis le labourage. « Dans une bonne partie du vieux monde, l’agriculture allait se caractériser par le semis à la volée et la monoculture, et finalement le labourage »

    Tres honnetement je ne trouve pas ce passage le plus pertinent du bouquin :)

    D’ailleurs plus loin, l’approximation n’est pas géniale: « Sitot que les vaches, les chevaux et autres gros animaux furent domestiquées, ils furent attelés à des charrues, et kes champs labourés par la force desdits animaux »

    Ce qui est completement inexacte. La charrue a été développé (et encore dans des zones très limitées) au moyen age tardif, alors que la domestication du bœuf par exemple a été fait il y a 10000 ans, et le cheval il y a 6000 ans!

    Ce que l’on peut garder de ce passage, c’est l’idée exacte que les moyens de productions déterminent le systeme de production. Plus la surface cultivable par agriculteur est élevée (et cela s’agrandit avec l’araire, puis la charrue, puis le tracteur), moins la technique de semis peut être précise. Donc effectivement, seul des productivités très faibles (labour au baton, à la tacla, à la houe…) peuvent se permettre une micro-agriculture de précision ou on peut planter dans un même champ des dizaines d’espèces différente. Toutefois, il n’y a pas causalité, et ces mêmes agriculteurs à faible productivité par tête de pipe ont souvent pratiquer la monoculture.

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