Mois: décembre 2009

La charte de la Terre

La charte de la Terre est un bon approfondissement de l’éthique de la permaculture. Je passerai sur l’utilisation de l’expression « développement durable », qui ne me convient pas vraiment. Je copie ci-dessous les grandes sections, sans reprendre les points détaillés de la charte.

RESPECT ET PROTECTION DE LA COMMUNAUTÉ DE LA VIE

  • Respecter la Terre et toute forme de vie.
  • Prendre soin de la communauté de la vie avec compréhension, compassion et amour.
  • Bâtir des sociétés démocratiques, justes, participatives, durables et pacifiques.
  • Préserver la richesse et la beauté de la Terre pour les générations présentes et futures.

Pour réaliser les quatre engagements généraux précédents, il est nécessaire d’adopter les
principes suivants :

INTÉGRITÉ ÉCOLOGIQUE

  • Protéger et rétablir l’intégrité des systèmes écologiques de la Terre, en particulier la diversité
    biologique et les processus naturels qui assurent le maintien de la vie.
  • Empêcher tout dommage causé à l’environnement comme meilleure méthode pour le
    préserver et appliquer le principe de précaution là où les connaissances sont insuffisantes.
  • Adopter des modes de production, de consommation et de reproduction qui préservent les
    capacités régénératrices de la Terre, les droits de l’homme et le bien-être commun.
  • Faire progresser l’étude de l’écologie durable et promouvoir le libre l’échange et l’application
    élargie des connaissances acquises.

JUSTICE SOCIALE ET ÉCONOMIQUE

  • Éradiquer la pauvreté en tant qu’impératif éthique, social et environnemental.
  • S’assurer que les activités et les institutions économiques à tous les niveaux favorisent le développement humain de manière juste et durable
  • Affirmer l’égalité et l’équité des genres comme condition préalable au développement
    durable et assurer l’accès universel à l’éducation, aux soins de santé et aux possibilités
    économiques.
  • Défendre le droit de tous les êtres humains, sans discrimination, à un environnement naturel
    et social favorisant la dignité humaine, la santé physique et le bien-être spirituel, en portant une
    attention particulière aux droits des peuples indigènes et des minorités.

DÉMOCRATIE NON-VIOLENCE ET PAIX

  • Renforcer les institutions démocratiques à tous les niveaux et promouvoir une gouvernance
    qui obéisse aux principes de transparence et justiciabilité, ainsi que la participation de tous dans
    la prise de décision, et l’accès à la justice.
  • Intégrer au système d’éducation et à la formation continue les connaissances, les valeurs et
    les compétences nécessaires à un mode de vie durable.
  • Traiter tous les êtres vivants avec respect et considération.
  • Promouvoir une culture de tolérance, de non-violence et de paix.

Par « The Earth Charter Initiative« .

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Passage à l’échelle

Nous avons pris récemment contact avec un groupement d’achat pas loin de chez nous. Après le premier contact téléphonique, on nous a dit que le groupement d’achat n’avait pas envie de grossir, et que suite à notre venue et à celle d’éventuels autres recrues, le groupe se scinderait peut être en deux. Ça m’a surpris sur le coup.

Puis suite à la première rencontre de ce groupe à laquelle nous avons assisté, tout est devenu plus clair. En effet, ce groupement d’achat effectue deux ou trois grosses commandes dans l’année à une entreprise bio qui fournit les magasins bio de la région (il y a aussi des commandes annexes plus régulières à des paysans locaux). La personne désignée réceptionne chez elle le chargement (qui doit faire plus d’une tonne si je me souviens bien), le stocke et s’occupe de la distribution. L’organisation a donc une taille critique à partir de laquelle les chargements sont trop importants, pour le stockage ou l’acheminement.

À Montpellier, nous étions dans un autre groupement d’achat. Les caractéristique étaient différentes (urbains décroissants, alors que l’actuel est composé de mères de familles en milieu rural). L’organisation également, puisque c’était une coopérative d’achat autogérée : chaque membre peut proposer une « charmandise » qui est évaluée sur des critères écologiques et sociaux. Si elle est acceptée, le charmandise est prise en charge par une personne volontaire, qui fixe les modes de distribution et de paiement. La plupart des échanges se font lors de la réunion mensuelle ou lors de l’AMAP où sont inscrits la plupart des membres.

Ce qui m’a frappé, c’est que dans le premier cas, chaque nouvel arrivant devient une contrainte. À l’opposé, dans le deuxième cas, chaque personne devient une force supplémentaire, qui propose et gère (éventuellement) de nouveaux produits.

Je ne dis pas que le second modèle est meilleur, puisqu’il ne s’appliquent pas aux même produits (par exemple pâtes et lait de soja dans le premier cas, et viande et céréales dans le second). Cela dit concevoir des systèmes qui permettent le passage à l’échelle, et mieux qui en tirent profit, est un point qui peut avoir son importance dans le futur succès de ces derniers.