La nature

Cela fait déjà quelques temps que j’essaie de définir le concept de nature, et ce n’est pas évident. Pourtant j’ai le sentiment qu’une vérité fondamentale se cache derrière notre rapport à la nature, selon que l’on vivra « avec ou contre », « en harmonie ou en guerre », « version aïkido ou  karaté ». Or donc faut-il encore savoir de quoi on parle. Plutôt que de lire et synthétiser de gros pavés philosophiques ou métaphysiques qui ne doivent pas manquer d’exister sur la question, j’ai décidé de tenter une définition personnelle, en me basant sur ce que j’ai appris de la science permaculturelle, et de situations précises dans lesquelles je crois voir ou ne pas voir la présence de Dame Nature.

L’image la plus parlante, qui s’est révélée au cours de l’écriture de cet article, est que la nature est une mise en scène de la vie. Voyons ça de plus près.

La nature dans toute sa splendeur. Jungle du Laos.

La vie

La vie est apparue il y a un peu plus de trois milliards d’années. Définir la vie serait assez compliqué, mais comme tout le monde comprend ce que c’est, l’exercice ne s’impose pas. Le but de la vie semble être de se perpétuer. On peut placer ce désir aussi bien au niveau du gêne — avec la théorie du gêne égoïste de Richard Dawkins qui prétend que les formes vivantes ne seraient que des véhicules forgés par les gênes comme stratégie de perpétuation — que de la planète toute entière — c’est l’hypothèse biogéochimique de James Lovelock, selon laquelle l’ensemble de la biosphère terrestre participe au maintien de conditions propices à la perpétuation de la vie. Entre les deux, les espèces ont édifié (édifient) des stratégies pour survivre. Elles concernent plus précisément la capture et le stockage de l’énergie, de l’eau et des nutriments nécessaires à leur survie; la défense envers des organismes prédateurs ou parasites; et la reproduction.

Pour se perpétuer, la vie doit pouvoir s’adapter — évoluer. Cette évolution se passe en deux temps : tout d’abord des mutations génétiques spontanées introduisent une diversité génétique; ensuite, ces mutations se propagent par sélection naturelle si elles offrent des avantages évolutifs. Elles peuvent également rester en dormance dans une petite partie de la population et se propager si les conditions changent pour les rendre avantageuses.

Les stratégies de survie sont influencées par les biotopes — milieux physico-chimiques — dans lesquels les espèces évoluent (le théâtre et les décors), caractérisés principalement par l’intensité et la répartition de la pluviométrie et des températures. La vie peuplant ces biotopes a produit des biomes qui divisent la planète en grandes zones : forêts tropicales, forêts tempérées, savanes, maquis méditerranéen, déserts, toundra … caractérisées par leur faune et leur flore. Ces grandes catégories d’écosystèmes sont le résultat de la sélection naturelle concernant les stratégies de survie. Nous avons tendance à considérer cette survie comme une compétition, la « loi de la jungle », mais il est aujourd’hui évident qu’il s’agit plus de coopération. Les actions de la biocénose (la faune et la flore) d’un écosystème appartenant à un biome tendent toujours vers l’édification ou la perpétuation du climax écologique caractéristique de ce biome. Ainsi dans nos régions tempérées humides, un champ laissé à l’abandon deviendra après quelques décennies une forêt caducifoliée.

Or pour édifier la pièce de théâtre, le jeu d’acteur est indispensable. La vie, représentée dans cette métaphore par les humains sur les planches, a besoin de se parer de rôles (écologiques) et d’interagir pour jouer la pièce. Lorsqu’une perturbation a lieu (feu de forêt, inondation, tremblement de terre, coupe franche ou labour), toute une chaîne d’actions se met en place pour retourner à un état stable, une homéostasie. Se mettent tout d’abord en place ce qu’on appelle les « mauvaises herbes », qu’on considère mauvaises seulement parce qu’elles se mettent sur notre chemin, amoureusement retourné au tracteur. Elles ont pour but de panser les plaies infligées par les perturbations, en quelque sorte une mesure d’urgence pour éviter la perte de nutriments. La biomasse créée permet de protéger le sol de l’action érosive du soleil, du vent et de l’eau. Les racines traçantes permettent de maintenir le sol en place. Le sol est enrichi en azote et divers minéraux. Ces premiers stades permettent de préparer la venue des espèces plus matures. Les ronces par exemple permettent de supprimer l’herbe par leur ombrage (les graminées empêchent les arbres de pousser à cause d’une substance sécrétée par leurs racines, et sont en compétition pour l’eau), de mobiliser des éléments nutritifs qu’ils redistribuent lors de la chute des feuilles, et protègent les arbres des herbivores grâce à leurs épines.

La coopération se trouve également à l’intérieur de chaque succession. Les espèces ont généralement co-évoluées en polycultures, où chaque élément assure une fonction écologique : protection contre les prédateurs, couvres-sol, mobilisateurs de minéraux, supports … Ce partenariat écologique est particulièrement visible entre les espèces animales et végétales. Les espèces végétales dépendent souvent des animaux pour leur reproduction, utilisant la motricité de ces derniers pour disperser leurs progéniture au loin. Ainsi les graines se sont parées d’une paroi charnue, formant un fruit qui est ingéré par un animal, et dont les graines sont restituées plus loin dans un paquet nutritif que sont les déjections; ou tout simplement de crochets permettant de s’accrocher à la fourrure de certains animaux.

Théâtre de rue

Voici décrit le théâtre de la vie. Nous avons le biotope (la scène et le décor), la vie (les personnes sur scène), l’évolution (le scénario) et enfin la nature (la représentation).
Pour reformuler, la nature émerge du rôle de la vie (interactions fonctionnelles) étant données des contraintes évolutionnistes (stratégies de perpétuation) et un milieu donné (modalités de la perpétuation).

La nature peut être définie globalement, mais ses manifestations et la perception que nous en avons sont toujours locales, et une même pièce de théâtre sera interprétée différemment suivant le contexte. La nature se trouve présente à chaque fois que l’on voit la pièce de théâtre se dérouler, même si ce qu’on en perçoit n’est qu’un court extrait, et que la scène semble se dérouler malgré tout.

Et l’Homme ?

Il reste une question importante et épineuse, le rôle d’Homo sapiens dans le théâtre. En effet la nature et la vie sauvage sont souvent opposées à la culture et à l’humain civilisé. Il faut dire que le « malgré tout » prend toute sa signification concernant nos sociétés et la nature.

Comme nous l’avons vu, les biomes résultent d’une coévolution de ses différents membres. Ainsi toute espèce a une influence, et toute espèce « jardine » son environnement, pour le rendre (inconsciemment ou non) plus propice à sa survie. Par exemple les animaux frugivores ensemencent le milieu des graines de leurs arbres préférés, les herbivores favorisent la croissance des graminées en les broutant, et les carnivores régulent les populations de leurs proies des éléments les plus faibles. En ce sens les humains, comme chaque espèce, modifient leur environnement.

La maitrise de la nature

Cependant l’humain, grâce à la maitrise du feu et des outils, a pu augmenter considérablement son influence. Contrairement à ce que l’on pense généralement, les peuples de chasseurs-cueilleurs préhistoriques ou modernes modifi(a)ent largement leur environnement grâce aux feux déclenchés selon un modèle bien précis. Ces feux simulent une catastrophe naturelle, et favorisent des systèmes plus nourriciers pour les humains, comme les baies et les herbivores associés aux prairies (par exemple les bisons favorisés par les amérindiens).  En Australie, la gestion de l’écosystème par les aborigènes des plaines désertiques permet de concentrer la fertilité dans certaines zones1. La culture sur abatti-brûli, considérée comme une sauvagerie, est en fait une gestion fine de l’écosystème, pour peu que les observateurs européens arrivent à voir les jardins dans la jungle, créés par les amérindiens2, et que les peuples maitrisent leur démographie pour rendre le modèle durable.

La seconde grande évolution est celle de la révolution néolithique, pendant laquelle l’Homme a commencé à domestiquer des espèces sauvages. Parmi elles, la plus importante pour nous a sans aucun doute été le blé, fondateur des premiers empires, ancêtres de notre empire occidental. La principale caractéristique de l’agriculture est qu’elle s’appuie sur une ou plusieurs espèces annuelles. De ce fait, les agriculteurs doivent adapter l’écologie de la nature environnante à celle de leurs espèces domestiquées. Or le blé est une plante opportuniste qui colonise les bords de rivières périodiquement inondés et chargés d’alluvions charriés par le courant3. Les grains de blé nous indiquent l’écologie de la plante : stocker de quoi assurer sa descendance avant que les espèces plus matures ne prennent le relais, et attendre qu’une autre catastrophe ne laisse une nouvelle opportunité. Une civilisation fondée sur le blé doit donc perpétuellement bloquer la succession écologique, reproduisant des catastrophes par le labour, et la fertilité alluvionnaire par des engrais naturels ou minéraux. Il n’est d’ailleurs pas étonnant que le biotope primaire de bon nombre des « mauvaises herbes » de nos champs soit des vallées alluviales ou des marécages4.

Le rapport à la nature

Après avoir précisé ma définition de la nature, ainsi que quelques considérations sur la relation entre les Hommes et la manière dont ils obtiennent leur nourriture, je peux enfin passer à la véritable question, celle de notre rapport à la nature, et des enseignements du passé pour reconsidérer notre futur.

L’agriculture — Commençons par le plus simple : les conséquences de l’agriculture sur notre rapport à la nature. Le champ de blé étant rarement compatible avec la forêt, cette dernière est rasée pour faire place aux cultures annuelles. Il convient au passage de noter que l’étymologie du mot « forêt » renvoie au bas-latin foresta, qui signifie « ban », et qui donnera entre autre en italien le mot forestiere, « l’étranger ».
L’agriculture est un combat permanent contre la nature, qui réclame une succession écologique vers le climax associé au biotope, chez nous une forêt. Elle doit combattre les médecins du sol, qui cherchent à stopper l’hémorragie ouverte qu’est un champ laissé nu après un labour, exposé aux attaques érosives des éléments. L’opposition la plus fondamentale entre l’agriculture et la nature est que moins il y a de nature, mieux se porte l’agriculture. Du moins jusqu’à un certain point, avant que les déforestations n’entrainent sécheresses, inondations et érosion qui ont anéanti tant de civilisations. En effet lorsqu’on abat une partie de forêt, on fait de la place pour les cultures, mais on supprime aussi les nuisances potentielles que sont les animaux et les végétaux sauvages qui ravagent les cultures. Une perte de biodiversité est compatible avec l’agriculture, et cette dernière n’est rien d’autre qu’une perte de biodiversité. L’apparente diversité des variétés créées par l’agriculture traditionnelle, et perdue par l’agriculture industrielle, ne peut masquer la perte de la diversité d’espèces que l’humanité consommait avant la révolution néolithique. L’agriculture marque donc clairement une distinction de l’Homme a la nature, et un combat permanent contre cette dernière.

Avant l’agriculture — Mais qu’en était-il pour les humains pré-agricoles ? La réponse est plus nuancée. Brûler une partie du paysage n’est pas anodin, et pourrait être légitimement pris pour une guerre à la nature. Cependant l’exemple des aborigènes montre que cela peut augmenter la fertilité en la concentrant au dépend des zones moins fertiles. Cette stratégie permet, comme chez les amérindiens, de favoriser des étapes de la succession plus propices à l’Homme, les arbres fruitiers par exemple étant plus héliophiles que les espèces climaciques. Mais contrairement aux agriculteurs, les peuples sauvages ne portent pas le fardeau de bloquer la succession à une étape donnée. Ils favorisent un état qui les favorise, mais ne s’accaparent pas un espace dont il revendique un droit d’usage unique.

La deuxième stratégie que j’ai citée concernant les peuples tribaux est celle de la forêt comestible. Ici, les Hommes redirigent habilement la succession en plantant des espèces utiles. La différence entre brûler une forêt et planter des arbres d’un côté, et labourer et planter des céréales de l’autre ne saute pas aux yeux de prime abord. Revenir à la métaphore du théâtre va me permettre de clarifier les choses. Dans le cas de l’agriculture, l’agriculteur devient metteur en scène et fait recommencer la pièce à la fin du premier acte.
Dans l’autre cas, la stratégie primitive consiste à changer les acteurs qui jouent la pièce, pour en sélectionner d’autres qui lui plaisent plus. Le point important ici est que dans le deuxième cas, la pièce se joue : le scénario (évolution) et la représentation (la nature) sont respectées. L’agriculture, elle, ne permet pas à la représentation de se jouer, l’agriculteur ne veut pas respecter le script, et il est obligé de recommencer la pièce à chaque fois qu’elle sort de ses propres plans.

Après l’agriculture — Voici une dizaine de siècles que la civilisation s’étend sur le monde, et annule les représentations qui se jouaient localement. Notre troupe théâtrale La Civilisation et ses franchises ont mis au chômage les artistes locaux, qui disparaissent plus ou moins rapidement quand ils n’ont tous bonnement pas déjà disparus. Même le souvenir de l’histoire qui se jouait dans ce théâtre s’est estompé. Il est grand temps de rejouer la pièce, à partir du script originel, en piochant éventuellement quelques accessoires empruntés aux troupes franchisées.

Ce que je viens de décrire n’est rien de plus que la permaculture. Cette dernière est un creuset dans lequel se mélangent une vision tribale du monde, des techniques traditionnelles et un contexte moderne. Il faut utiliser nos connaissances en écologie non seulement pour comprendre, mais aussi pour élaborer des systèmes qui nous permettront de vivre pleinement. L’écologie est une pierre de Rosette qui nous permet de déchiffrer en grande partie le scénario de la pièce, écrit dans un très vieux langage dont notre civilisation a perdu la signification. Nous pouvons aussi tenter de comprendre le scénario en apprenant des rares humains qui le jouent encore, les tribus de chasseurs-cueilleurs modernes, qui connaissent encore le langage originel.

Il nous reste peu de temps avant que le déclin énergétique ne réduise peu à peu notre marge de manœuvre. Nous avons besoin rapidement d’une révolution culturelle centrée sur la nature et non plus l’humain qui nous conduira à une révolution agricole, à moins que ce ne soit l’inverse.

La forêt nourricière tempérée

La forêt nourricière ou comestible de Robert Hart, en Angleterre, est (était) la première connue du genre en milieu tempéré. Ce type d’écosystème cultivé est le meilleur exemple de ce que pourrait être une méthode de culture alimentaire qui laisse s’exprimer les forces de la nature, orientées ou colorées par la main de l’Homme. Un système stable et productif, particulièrement bien adapté à la descente énergétique à venir, et qui nous reconnecte à la beauté de nos origines arboricoles. Un parfum de jardin d’Eden ?

Notes & références

  1. Aboriginal Land Use, David Holmgren. Collected writings & Presentations 1978-2006 — Article Four.
  2. Beyond Wilderness, Toby Hemenway. Permaculture Activist n° 51.
  3. Against the Grain: How Agriculture Has Hijacked Civilization, Richard Manning.
  4. Encyclopédie des plantes bio-indicatrice,  Gérard Ducerf. Vol. 1.
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22 commentaires

  1. j’ai fait glisser la nature sur cet écran, j’y reviendrais … pour lire mais d’ores et déjà te dire que j’ai aimé le spectacle de rue

  2. Un parfum de jardin d’Eden ?

    Oui très certainement! Je suis actuellement en train de concevoir un verger et ce texte est très inspirant… Merci!

    Le livre « Encyclopédie des plantes bio-indicatrice » semble très intéressant, mais c’est triste que son prix soit aussi décourageant!

    Merci,
    Jean-Luc

  3. Pour l’encyclopédie des plantes bioindicatrices, je ne recommanderai jamais assez de l’acheter à plusieurs (en groupe formel type association de jardiniers ou de permaculture, ou informel), ou d’en suggérer l’achat à la bibliothèque la plus proche.
    C’est certes un budget non négligeable pour une petite structure mais plus les demandes seront nombreuses, plus elle en verra l’intérêt.

  4. Très bel article ! :)

    Il y a juste quelques concepts qui me font réagir:

    D’abord, au sujet de la coopération, j’aurais plutôt parlé d’adaptation. Car la coopération suppose un choix volontaire d’oeuvrer ensemble dans un but commun, ce qui est à mon avis rarement le cas dans la nature, à quelques rares exceptions près. Majoritairement, les actes sont inconscients, et il se trouve que ce sont les individus et les espèces qui ont les choix et les stratégies les plus en connexion ou en interdépendance avec leurs congénères, qui l’emportent dans la sélection naturelle.

    De même, la comparaison avec la pièce de théâtre est sympa, mais elle laisse entendre que la pièce est écrite d’avance. Je parlerais plutôt d’un morceau de musique improvisé, dans lequel nous sommes tous musiciens. Si nous jouons sur un autre rythme ou un autre temps que les autres, nous les déstabilisons, et nous nuisons à l’harmonie de cette musique; mais chacun contribue tout de même à cette musique, peut la faire évoluer, amener les autres musiciens progressivement vers un autre tempo ou un autre rythme. Et surtout, personne n’en connais l’évolution, encore moins la fin.

    Enfin, sur la notion d’écocentrisme, on en a déjà discuté, mais cette même image va peut-être me permettre de bien m’exprimer: c’est de l’idée même d’un quelconque centrisme, dont il faut sortir; ni sur l’homme, ni sur la nature; une musique n’existe pas sans les musiciens, et n’est pas la même avec des musiciens différents; et des musiciens qui ne jouent pas ne sont pas des musiciens. Les humains sont des musiciens parmi d’autres, dans un morceau improvisé qui se jouait déjà bien avant eux, et ils doivent non pas en bouleverser la mélodie, ni en respecter à la lettre la seule rythmique, laissant le rôle de solistes à d’autres; ils doivent jouer en rythme, c’est à dire s’adapter, et également faire évoluer progressivement la musique vers une mélodie qui leur convient (l’anthropiser), sans déstabiliser les autres musiciens (qui risqueraient alors de perdre le fil et de devoir arrêter de jouer), en usant de solos uniquement dans des moments appropriés.
    C’est ce qu’est pour moi la permaculture: une forme d’humilité face à notre environnement, mais dans laquelle notre individualité peut s’exprimer.
    Je pense que tu es d’accord avec cela; il ne s’agit donc que de quelques concepts qui, il me semble, ne sont pas tout à fait assez bien maniés.
    (mais je chipote) :D

  5. Salut Ramite,
    je comprends que le terme « coopération » te fasse tiquer, cependant il n’est pas rare qu’il soit utilisé pour décrire les relations entre vivants (cf par exemple Edourad Goldsmith, le Tao de l’écologie, thèse #39 la coopération est le mode essentiel de la relation Gaienne).
    Là où je fais un abus de langage, c’est lorsque j’utilise le terme de coopération pour décrire les relations entre entités menant à une homéostasie du système.

    Le théâtre et la musique ont chacun leurs avantages et inconvénients, je verrais quelle métaphore je retiendrais :)
    Mais si j’utilise la musique, je rajouterais la théorie musicale, car pour moi les contraintes évolutionniste sont très fortes.

  6. En tous cas, le théâtre te permet une très belle métaphore avec le théâtre de rue; c’est vraiment bien trouvé, et la photo est très parlante. Et ça permet de bien expliquer ce qu’est le climax, également.

    Pour la « coopération », ok, j’accepte. :)
    Mais pour ce qui est du terme « éco-centrisme », je n’y arrive pas. J’ai décidé, à partir de maintenant, de parler plutôt d’ « éco-collectivisme », et tant pis si je suis le seul; parce que « éco-centrisme », je trouve cela encore trop « anthropocentrique » ;)

  7. J’avais oublié de répondre à ce point. Si je te suis, tu dis qu’être centré, c’est déjà un raisonnement typiquement humain.
    Mais d’une part, on peut considérer qu’être centré sur la nature revient à ne plus être centré, vu qu’on élargit le point d’attention à quelque chose de très large (le plus large possible si on prend la nature dans sa globalité ce qui revient à considérer l’écosphère).
    D’autre part, nous sommes dans une situation spéciale où la nécessité devient la conservation de ce qu’il nous reste. Peut être qu’à terme, dans une société idéale, il n’y aura pas besoin de se soucier de quoique ce soit si le mode de vie est naturellement durable, mais pour le moment, il faut bien élargir le spectre pour faire notre révolution culturelle.

  8. Certes.
    A nouveau je m’incline : tu as raison.
    Mais on en rediscutera, lorsque la société sera devenue idéale :D

  9. Cette évolution se passe en deux temps : tout d’abord des mutations génétiques spontanées introduisent une diversité génétique; ensuite, ces mutations se propagent par sélection naturelle si elles offrent des avantages évolutifs.
    Il y a aussi la théorie de Kimura (http://fr.wikipedia.org/wiki/Théorie_neutraliste_de_l’évolution) qui dit que les mutations peuvent aussi se propager sans sélection, par dérive aléatoire. Dans cette théorie les contraintes évolutionnistes peuvent être mineures.

    Sur la coopération vs compétition en tant que processus majoritaire, Stephen J. Gould avait écrit des trucs sympas (je crois que c’est dans « la foire aux dinosaures »), j’essaierai de retrouver l’extrait.

    Je plussoie Zelda pour l’encyclopédie des plantes bioindicatrices, avec quelques bémols. C’est dommage qu’il y ait aussi peu d’espèces (sans aller plus loin que mon jardin j’en ai identifié plusieurs dont j’ai idée de ce qu’elles indiquent mais qui ne sont pas dans le bouquin), et quelques erreurs (par exemple il a inversé les caractéristiques de la mauve sylvestre et de la mauve musquée). Cela dit Ducerf est quand-même pionnier dans ce domaine et son bouquin reste une référence.

  10. @koldo: merci pour la touche plus académique :)

    je suis intéressé par ce que dit Stephen Gould, si tu remets la main dessus !

    Tu nous prépares ta version de l’encyclopédie de ducerf ? :)

  11. Tu indique la nature comme un sujet émergent… pour moi les théories de l’émergence, c’est comme invoquer « Dieu », l’exercice est amusant : remplace dans ta définition Nature par Dieu. ça fonctionne ! :D

    Ensuite tu indiques l’agriculture comme une maîtrise de la « nature »… or même si la nature est cette fameuse émergence que tu indiques qui se manifeste de part le jeu des acteurs au sein de leur pièce… un des acteurs est donc l’humain et il est donc partie intégrante de la nature. La partie ne pouvant maitriser le tout, il est impossible que l’agriculture soit une maitrise de la nature. La vérité a mon avis si on reste dans les idées classiques, c’est que l’humain ne maitrise rien du tout. A la rigueur il détruit, érode, fait des aménagement… mais « maitrise » ! Qu’elle prétention !

    @ramite : je conçois ta critique de l’écocentrisme en tant que isme. Je l’accepte de la même manière qu’on peu faire une critique de l’anarchisme en tant que isme. Ce que je propose de partager en tout cas, c’est que contrairement a ce qu’on pourrait croire : écocentrisme n’est pas un objectif moral, mais une attitude de base, une ontologie, une considération que l’on évince ou pas. L’anthropocentrisme ne prend en considération que les intérêts des humains, ou ceux des autres a conditions qu’ils lui apportent qq.chose (cas des fameux services écosystémique). L’écocentrisme, c’est prendre en considération deux choses : 1.Il faut porter notre attention a la communauté biotique (et pas qu’a un de ses membres) non pas parceque c’est dans notre intérêt, mais parcequ’ils ont comme chaque être vivant la possibilité de s’autodéterminé (après discuter du droit, du laisser faire ou pas etc… c’est autre chose) 2.Il faut porter notre attention a ce qui permet a cette communauté biotique de vivre : les groupes et espèces (et pas que les individus), ainsi que les des éléments abiotiques qui permettent leur vies fondamentale : montagne, eaux etc…
    Je ne partage pas l’idée de Callicott selon laquelle on peu connaitre l’intéret ou ce qui serait bon pour une montagne etc… Mais je pense que l’on peu quand même nommer ma proposition un écocentrisme parceque même si les raisons sont différentes, on fait attention aux mêmes choses.

  12. @bug-in

    et pourtant il y a plein de processus émergents dans la nature. Comme par exemple la méthode des fourmis pour trouver le plus court chemin vers un point de nourriture. elles laissent des phéromones derrière elles, et petit à petit la piste la piste la plus courte à plus de phéromones (car plus d’allers/retours) et donc rapidement il y a un auto-renforcement au niveau du chemin le plus court.
    J’y vois le même phénomène pour la capacité des écosystèmes à s’auto-réguler. Par exemple les seules plantes qui peuvent pousser dans un sol compact sont celles qui ont une racine pivotante puissante, et ceci fait qu’en poussant elles décompactent le sol, grâce à ces mêmes racines.
    De toute façon quand on voit l’hypothèse Gaïa je pense qu’il faut faire un choix entre une conscience supérieure, ou un phénomène émergent sans conscience. Pour l’instant je crois à la deuxième hypothèse.

    On est d’accord sur la maitrise de la nature, pour moi elle d’ordre conceptuel avant tout. Quand on voit que ça fait 10000 ans qu’ont labour et désherbe, on voit bien que la maitrise n’est qu’illusoire.

  13. Salut Bujin-Tseu,
    Je ne savais pas que tu avais un blog, tu aurais dû nous envoyer un lien ! je vais aller regarder ça de plus près (en général, ta philosophie me plaît beaucoup). ;)

    Pour ta réponse, en fait, ce n’est pas le « isme », qui me déplait, ni dans écocentrisme, ni dans anarchisme, ni dans quoi que ce soit en isme ; ce qui me déplait, c’est la notion de centre. De même que je critique la hiérarchisation verticale, je critique l’anti-hiérarchisation horizontale que font les égalitaristes; et de la même manière, je critique toutes les formes de « centrismes ».
    Toute hiérarchisation suppose un jugement de valeur, c’est-à-dire une catégorisation purement humaine. Donc l’écocentrisme est en fait une forme d’anthropocentrisme.
    Autant de manière sociale, qu’économique, ou écologique/cosmologique. En sociologie, en économie, je rejette la notion d’égalité, et de droit (le droit n’est qu’une invention humaine, un pur outil social), au profit du seul principe d’équivalence. De même en écologie/cosmologie, je rejette la notion d’égalité, la notion de droits de l’environnement, au seul profit de la notion d’équivalence. Devrais-je parler d’ « éco-valence » ?
    C’est peut-être ce qu’ont oublié (ou pas assez bien intégré) les anarchistes. L’anarchie, c’est l’absence de hiérarchie, mais ça devrait être également l’absence de hiérarchisation du cosmos.
    Mais peut-être que toute science est par nature forcément catégorisatrice et hiérarchisatrice (moi aussi j’adore Bergson); en ce cas, le terme anarchisme n’est pas assez explicite, il faudrait parler d’ « an-isme ».
    Oui, tiens, tu m’as donné une bonne idée ! A partir de maintenant, je vais me qualifier d’aniste. :)
    Et lorsqu’on est aniste, et que personne, ni la nature, ni l’individu que je suis, n’a de quelconque droit, ni de quelconque devoir, qu’ils ne sont ni égaux ni hiérarchisés, il ne peut y avoir d’entente que sur la base d’une équivalence entre « moi » et « autour », qui nécessite un rapport d’équivalence.
    En fait, je crois que nous sommes d’accords, une fois de plus, mais qu’il ne s’agit que de préciser les termes:
    essaie de remplacer « communauté biotique » par « dieu », et ça marche aussi bien; Spinoza l’avait fait. (lol) :)
    La théorie « earth first », selon moi, c’est du simple « moi d’abord » schizophrénique.

  14. @Nicollas, oui excuse moi, je me suis exprimé un peu vite. Je commence juste a en avoir un peu assez de voir partout les gens sortir « émergence » « émergence » pour tout et n’importe quoi. La plupart du temps, il s’agit juste d’ailleurs de simple effet de seuil ou de rétro-action… mais bon, les modes passes… Les effets persisterons t’il ? ;)
    Je pense que le pb n’est pas de savoir ce qu’est vraiment la « nature », mais juste de préciser ce que l’on entend par la. Car je crois assez a ce qu’a écris Descola dans son livre Pardela Nature et Culture. Pour lui il est clair que la « Nature » est une invention de notre Culture. Dans d’autres groupes humains, non industriel notamment, le terme n’existe pas. Il n’y a pas soi et puis une nature, ou même soit dans la nature. Il y a soi, et puis la famille jaguar, et même un lieu peu être considéré comme une personne vivante… On imagine les relations fort différentes que cela entraine.
    Pour moi la perspective que tu donnes est hyper scientifique. Après en même temps, elle a sa valeur par cette originalité.

    @Ramite. Chers Ramite, je crois comprendre ce que tu proposes, mais pour moi il est impossible de ne pas porter de jugement. De plus nous sommes humains, et pas « autre chose ». Dire que l’écocentrisme est un anthropocentrisme c’est y aller très fort. Précisément parceque ce courant s’est largement fondé contre l’anthropocentrisme, mais pas seulement. C’est d’ailleurs un de ses intérêts il propose autre chose.
    Par contre, on peu dire qu’inévitablement il est formulé par des humains. Mais si j’ai bien compris ma leçon ;) dans ce cas la on dira anthropogénique. Et il faut dire aussi qu’il existe des anthropocentrisme assez originaux comme ceux qui disent que la beauté esthétique est un intérêts suffisant pour la conservation.
    Mais personellement je préfère ce qui je pense bien qu’il soit formulé par un humain, n’est pas anthropogénique : comme la reconnaissance a tout être vivant d’intention. L’amibe ne va pas au hasard. Elle n’ère pas. De même la pomme de terre dont des germes s’oriente vers la lumière ne fait pas au hasard. Elle a une certaine volonté. Alors on pourrait dire, c’est comme notre volonté de respirer ! ce n’est pas vraiment une volonté, mais un réflexe ! Et alors ? Que néni, vous trouvez justifier d’empêcher qq.un de respirer ? Alors pourquoi empêcher une plante ou un animal, bref, un vivant non-humain ?
    Hors nous sommes obligé de le faire pour nous nourrir. Il faut donc se justifier. Pourquoi ceci plutôt que cela.
    Et je pense pas que l’on puisse s’en dédouanner facilement.

    Après j’ai une question : Bordel, comment es ce que tu as pu conclure aussi facilement que j’aimais bien aussi Bergson ? Je ne l’est pas cité ! Cependant je préciserai alors : J’aime bien Bergson, mais je le démystifie. Ou disons je dis que son mysticisme n’en est pas un. Ce qui qq.part me rapproche p.ê plutôt de Canguilhem. De toute façon tout ça c’est du vitalisme. :p

  15. J’ai retrouvé le texte de Stephen Jay Gould (voir sa page sur wikipédia, je mets pas de lien pour éviter que mon commentaire finisse avec les spams).
    Il s’agit en fait d’une mise en parallèle de textes de Darwin et de Kropotkine (anarchiste et naturaliste russe du XIXème) s’agissant de « lutte » pour la survie, dans le règne vivant.
    De façon très résumée et simplifiée, leurs visions s’opposent en ce que Darwin voit la compétition entre individus comme le mode majeur de la lutte pour la survie, alors que Kropotkine donne plus d’importance à la coopération entre individus, pour mieux lutter contre des conditions abiotiques difficiles.
    Ces différences tiennent d’une part aux biomes dans lesquels leurs observations respectives ont été faites, d’autre part aux valeurs qu’ils défendaient ou dumoins dont ils étaient imprégnés.
    Darwin a surtout étudié des forêt tropicales au climat favorable à la vie mais de ce fait bondées d’être vivants, qui se retouvent fréquemment en compétition.
    Dans les grands espaces russes que pouvait observer Kropotkine, la lutte pour la survie a plus de chances de mettre un organisme aux prises avec son environnement physique qu’avec un autre organisme. Cette lutte serait d’ailleurs plus efficace lorsque les organismes coopèrent.
    Outre ce biais cognitif lié aux cadres respectifs des observations de chacun, il faut aussi voir que Darwin était issu de la Grande Bretagne du XIXème siècle, où fleurissaient le capitalisme, les idées de Smith sur la compétition et celles de Malthus sur la surpopulation.
    Kropotkine était anarchiste, et défendait l’entraide comme étant un processus naturel, issu de l’évolution, et sur lequel fonder une organisation sociale sans besoin d’un pouvoir central.
    (je pense que ces questions sur les influences des idéologies sur la science intéresseraient Mowglinomade)

    Gould conclut ainsi son chapitre:
    « J’aime à appliquer une règle empirique pour juger d’une argumentation au sujet de faits naturels, lorsqu’elle renvoie avec évidence à une certaine conception de la société : si on nous présente la nature précisément sous le jour qui nous conforte dans nos préjugés, il faut être doublement méfiant. Je considère avec la plus grande réserve l’argumentation qui nous demande de voir bonté, entraide, synergie et harmonie dans la nature – ces qualités que nous essayons à toutes forces de prendre en compte dans nos vies, et souvent sans succès. Je ne vois pas dans la nature de données en la faveur de la noosphère de Teilhard, de holisme dans le style californien de Capra, ou de résonance morphique, telle qu’elle est évoquée par Sheldrake. Le concept de Gaïa me paraît être une métaphore, non un mécanisme. (Les métaphores peuvent être éclairantes et intellectuellement libératrices, mais les théories scientifiques nouvelles doivent fournir des explications nouvelles au sujet des causes. Gaïa me paraît simplement formuler en termes différents les grandes lignes fondamentales énoncées depuis longtemps par la théorie biogéochimique des cycles en termes classiquement réductionnistes.)
    Il n’y a pas de voie toute tracée pour la morale. La nature n’offre rien, dans son essence, qui puisse répondre à nos attentes en termes humains – ne serait-ce que parce-que notre espèce est venue si tard et de manière si insignifiante, dans un monde qui n’a pas été construit pour nous. Et c’est tant mieux. Les réponses aux problèmes moraux ne sont pas là dans la nature, attendant d’être découvertes. Elles résident, comme le royaume de Dieu, en nous – le lieu le plus difficilement accessible à la découverte scientifique ou au consensus. »

  16. @ Bujin-tseu: cher Florian, pour ce qui est de Bergson, j’ai tout simplement vu sur ton blog qu’il faisait partie de tes influences philosophiques, et je l’ai cité pour mieux te résumer mon explication sur la catégoricisation et la hiérarchisation. :b
    Pour le débat sur le terme « écocentrisme », je vais conclure en disant, une fois de plus, que je ne fais que chipoter, et que ce débat ne peut effectivement avoir lieu qu’entre personnes déjà convaincues, comme nous, que les amibes ont bien une conscience, au même titre que l’humain. ;)
    Et pour nous justifier du meurtre d’autres êtres que nous consommons, effectivement, l’égoïsme doit forcément entrer en jeu, à mon sens.
    Par contre, je ne connais pas campguillem.

  17. @bugin
    Dans d’autres groupes humains, non industriel notamment, le terme n’existe pas. Il n’y a pas soi et puis une nature, ou même soit dans la nature. Il y a soi, et puis la famille jaguar, et même un lieu peu être considéré comme une personne vivante… On imagine les relations fort différentes que cela entraine.
    Pour moi la perspective que tu donnes est hyper scientifique. Après en même temps, elle a sa valeur par cette originalité.

    Je ne sais pas vraiment pour le terme « nature », mais en tout cas il est clair que le concept de « sauvage » vient de notre culture. Il n’existe pas chez les amérindiens de Californie, et quand on le leur a expliqué, ils assimilaient ça à un bout de nature laissé à l’abandon, rendant la chasse difficile.

    Maintenant, nous sommes des enfants de la Civilisation, et il nous faut tout réapprendre. Donc je pense que le concept de « nature » est important pour notre futur (tout comme le zonage permaculturel avec sa zone 5, tant critiquée par les anarcho-primitivistes). Si ma définition semble hyper scientifique c’est normal, car je pense que la science peut nous apporter des réponses que nous avons perdu. Et ce qui me semble merveilleux, c’est que les découvertes scientifiques récentes tendent à confirmer la vision primitive.

    @koldo: très interessant merci ! J’aime particulièrement la vision des relations inter-espèces qui varie suivant le milieu considéré.

  18. @Nicollas Pour le terme « sauvage » ça ne m’étonne pas. D’ailleurs, je ne suis pas pour un ré-ensauvagement, ni un primitivisme. C’est deux termes sont construit en réaction a une vision du monde (dont « nature » est une perspective et une certaine vision du « progrès » une autre).
    Mais je suis d’accord par contre sur le fait que nous sommes des enfants de la civilisation, cependant a part nous même, il faut bien reconnaitre que pour la population c’est comme si elle était l’enfant d’une personne anonyme, car elle ne désignera pas la civilisation. Comme elle nous a élevé sans se montrer elle même, nous l’avons largement relayé dans l’inconscient. Il sera réveillé par certains a travers des termes comme primitivisme ou décroissance ou des lectures comme celle de Rousseau, mais sinon, il y a bcp de chance qu’on passe a côté.
    Pour la science, c’est à débattre, il faudrait nous mettre d’accord sur ce que nous entendions par ce terme. Je pense néanmoins pouvoir m’entendre assez facilement sur cette question avec toi. Mais je ne crois pas qu’il soit opportun de lancer le débat dans ces commentaires ;)

  19. D’autant plus que la science, il me semble, est en train progressivement d’opérer un changement de paradigme, depuis une science de la parcellarisation, vers une science des interactions. Je crois qu’on va de plus en plus avoir à faire avec des méthodes scientifiques holistes.

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