Le compte juste

Je veux une prise en compte complète, qui irait bien plus loin que ce qui est mort sur mon assiette. Je réclame de connaître tout ce qui est mort dans le processus, tout ce qui a été tué pour que cette nourriture se retrouve dans votre plat. C’est la question la plus radicale, et la seule question qui apportera la vérité. Combien de rivières ont été damées et asséchées, combien de prairies labourées, combien de forêts abattues, de terre arable devenue poussière ? Je veux savoir au sujet de toutes les espèces — pas juste les individus, mais les espèces entières — les saumons, les bisons, les bruants sauterelles, les loups gris. Et je veux plus que le nombre des morts et des disparus. Je veux qu’ils reviennent.

— Lierre Keith, The Vegetarian Myth. p.3.

4 commentaires

  1. Je suppose que cela tient plus de la poésie que de la réflexion (« je veux qu’ils reviennent » me fait penser cela).
    Cependant cela me laisse un peu l’occasion de critiquer ce qui pour moi est un mythe des écologistes : la croyance que c’est l’information, la connaissance qui va faire changer les choses.
    Il me semble évident que la première motivation (mais pas la seule) est l’affection, le fait que cela nous touche sentimentalement. Les personnes, initialement, éprouve des sentiments pour les mammifères qui partagent leur habitat et qui ont un biorythme proche du leur. Certains s’attachent même au plantes, malgré leur biorythme très différent !
    C’est bien parceque ces sentiments envers les autres vivants existe par ailleurs, qu’on les tiens éloigner de nous, et qu’on cache leur abbatage [1]. Nous n’avons pas d’amour rationaliste et total pour tous les vivants, mais en priorité pour ceux que nous cotoyons.
    Après sur un plan d’une justice environnementale, il serai évidemment important de reconnaitre l’importance des vivants en général, mais sur le plan de l’action, de la mise en mouvement des groupes, l’information fonctionne peu.
    Depuis des années, tout le monde porte haut l’étandart de l’information par ci, l’information par la. Pour bien agir, il faudrait que ceux qui font des courses lise les étiquettes de chaque produit et les connaissent quasiment par coeur. Et comme l’indique ici Lierre Keith, il faudrait que l’on sache tout ! Tout ce qui est dans le processus de fabrication.
    Il me semble qu’il y a une autre revendication bien plus simple et évidente, qui est la relocalisation et la sensibilisation a l’autoproduction locale et a la certification populaire (et non constaté par des experts ou des puces RFID).

    Merci pour la traduction en tout cas !

    [1] Pour ceux que ce genre d’argument intéresse, voyez le texte Justice, Sollicitude et Libération Animale, de Brian Luke -> http://www.cahiers-antispecistes.org/spip.php?article140

  2. Je ne vois pas cet extrait dela même manière que toi. J’ai l’impression que justement Keith dénonce le simplisme du « compte » végétarien, du genre « en étant végétarien, vous sauveriez la vie de X poules, Y vaches, etc ». Et qu’à ce petit jeux, il faudrait pour être cohérent compter toute l’énergie grise vivante si on peut dire. Le point de vue de Keith, je l’interprete justement comme le fait de ne pas se borner à ce que l’on peut appréhender directement, mais de prendre de la hauteur et de voir l’ensemble.

  3. Je suis d’accord : connaître toute l’énergie grise de chaque aliment est très complexe. Mais je pense qu’on arrivera un jour à une mesure, ou plutôt à un ensemble de mesures (qui seront chacune imparfaite mais, collectivement, donneront une bonne idée de l’énergie grise).
    J’ai l’impression que de plus en plus de monde s’attelle à cette tâche, donc j’ai envie d’être optimiste sur l’aboutissement de ce projet de mesurer l’énergie grise :).

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