Découvertes

Dessine moi une mapmonde

La domination occidentale (en l’occurence la domination européenne d’avant guerre) peut se cacher dans les moindres détails.

Ce weekend j’en ai fait l’expérience devant une map monde éditée par le CCFD, pour le moins inhabituelle. Ca m’a assez interpelé pour que je le relate ici.

La projection habituellement choisie pour la carte du monde et celle de Mercator, qui était historiquement une carte de navigateur. Cette méthode était pertinente car elle préserve la forme des continents, et est adaptée à la navigation au compas.

Projection de Mercator

Le problème est que la terre, sphérique, ne peut être représentée sur un plan de manière à conserver à la fois les formes et les supercifies. D’où de grandes disparités entre les aires représentées sur la carte par rapport aux rapports réels, quelques exemples :

Le Groenland est en réalité 15 fois moins grand que l'Afrique

Les pays du "nord" en noirs sont en réalité deux fois moins grands que les pays du "sud" en blanc.

L'Amérique du Sud est en réalité près de deux fois plus grande que l'Europe

L'ex-URSS représente en réalité les trois quarts de l'Afrique

L’équateur n’est également pas placé au milieu de la carte.

La projection de Peter permet de conserver les superficies, ce qui a pour effet de réduire la taille exagérée de l’Europe, et de sortir le vieux continent de sa position centrale sur la carte.

Projection de Peter

Projection de Peters

Il faut se méfier des représentations, qui ne permettent pas de reproduire tous les paramètres d’une situation réelle. D’ailleurs un principe de permaculture est « la carte n’est pas le territoire ». Toute en gardant se principe en tête, on peut dans le cas de la carte du monde se doter d’une représentation moins biaisée que celle actuellement choisie, qui conforte une vision européanocentrée.

Les données proviennent du site Peters Map.

Publicités

Permaculture est dans le dictionnaire !

Il semblerait que le terme « permaculture » ait fait son entrée dans l’édition 2010 du Petit Robert !

PERMACULTURE n. f. – 1986 calque de l’anglais permaculture (1978), mot-valise, de perma(nent) et (agri)culture. Mode d’aménagement écologique du territoire, visant à concevoir des systèmes stables et autosuffisants et à produire de la nourriture en renforçant l’écosystème.

Ce billet, quoique léger, me permet d’annoncer le prochain article qui sera une définition/introduction de la permaculture, un peu plus classique que dans ma précédente approche, mais un peu plus longue que celle du Petit Robert :)

Les villes en transition

Vision d'une transition

Vision d'une transition

J’aborde souvent la permaculture sous l’angle agricole et/ou personnel, c’est à dire de chercher une manière soutenable de vivre sur un terrain.

Aujourd’hui, j’explore un peu plus d’autres pétales de la fleur permaculturelle. Un point moins exploré de la permaculture est la manière d’organiser collectivement des sociétés pour les rendre soutenables. Cela provient sûrement du contexte dans lequel a émergé la permaculture, qui est le contexte rural de l’Australie, où les terrains sont largement accessibles. Or le modèle de développement historique de la «vieille» Europe a produit des villes très denses, contrairement aux banlieues américaines par exemple.

Il n’est donc pas étonnant que ce soit d’Angleterre qu’ait émergé le concept des villes en transition (Transition Towns). Les villes en transition (VeT) sont une application de la permaculture aux villes (voir à des quartiers, des régions, …), dans le but de rendre ces dernières résilientes en vue des deux défis majeurs auxquels sera confronté l’humanité, qui sont la descente énergétique et le dérèglement climatique.

Les initiatives de VeT innovent sur plusieurs points, selon moi :

  • Elles prennent en compte la double crise, et permettent donc de chercher des solutions réalistes. Le fait de transformer du gaz naturel et du charbon en pétrole aggravera le problème du dérèglement climatique; et les solutions à ce dernier doivent prendre en compte le futur contexte de descente énergétique, qui limitera les grosses mise en oeuvres technologiques.
  • Elles s’adressent aux communautés. Ce n’est ni une démarche personnelle, ni une démarche qui vise un changement orchestré par des élites politiques (via des réglementations). Les initiatives visent à faire prendre conscience aux gens de la non soutenabilité de notre mode de vie, et leur offrent la possibilité de changer les choses eux-mêmes, de manière collective et concertée. Ce n’est pas la démarche choisie par les organisations écologistes qui ont une action de lobbying sur les autorités.
  • Elles offrent une vision. Les organisations écologistes traditionnelles sont passées maîtres dans l’art de nous dépeindre un présent et un futur noirs. Ils le sont, le but n’est pas de nier les catastrophes présentes et à venir. Mais le fait est que cela n’arrange rien, ce n’est pas parce que l’on sait que l’on agit (cf. les dépendances aux drogues dures), et un sentiment d’impuissance n’aide pas les gens à agir. L’intérêt des initiatives de VeT est qu’elles intègrent le côté psychologique du choc qu’est la révélation de la descente énergétique et de ses répercutions sur le monde que l’on connaît. Elles incluent également des visions de ce que pourrait être un futur plus souhaitable, si certaines décisions et actions sont effectuées dans un laps de temps déterminé. Elles tournent les crises en opportunités.

Les initiatives de transition se basent sur une suite d’étapes qui sont, de manière résumée, de constituer un groupe de pilotage de gens informés; de sensibiliser les gens aux conséquences des deux crises, par des projections par exemple; d’organiser un «grand déchaînement» ouvert au public dans lequel l’initiative sera officiellement lancée, créant une synergie avec la communauté; de former des groupes dédiés (alimentation, transport, etc.) indépendants; d’organiser des événements; de lancer une grande réappropriation des savoirs et des techniques; de définir un plan de descente énergétique basé sur les travaux des différentes groupes, et qui définit une vision de transition pour les années à venir.

Tout comme la permaculture, les initiatives de VeT sont malheureusement peu connues en France, mais cela commence à changer.

Un groupe de discussion s’est formé, qui coordonne des traductions de documents, notamment le guide des initiatives de transition. Un site francophone, dont le but est d’être le portail des initiatives de transition, a récemment été lancé. Il y a quelques mois, la revue silence a fait un dossier sur les VeT dans un de ces numéros. Une bonne introduction est disponible dans cet article qui présente le premier livre du mouvement, The Transition Handbook.

Les jardins auto-fertiles

L’agriculture de Fukuoka a fait des émules, notamment Émilia Hazelip qui a adapté ses principes pour un maraichage naturel sous nos latitudes, sous le nom de jardins synergétiques. Sa méthode a été enseignée au Québec, ce qui a donné les jardins auto-fertiles.

Pour en savoir plus, vous trouverez une excellente introduction aux jardins auto-fertiles sur le site végéculture. Vous trouverez également toute une série d’articles sur le site du centre nature et santé.

Et pour bien démarrer voici deux reportages en images sur l’installation d’un jardin auto-fertile : ici et .