Ressources

Une base de données de plantes pour la permaculture

Si vous voulez sélectionner des plantes suivant leur écologie ou leurs utilisations, la base de données Plant For A Future est faite pour vous ! Construite par un permaculteur, pour les permaculteurs, elle permet de savoir les besoins d’une plante en eau, soleil, sol, pollinisation ; les caractéristiques comme la hauteur, la largeur, la vitesse de pousse; les utilisations comestibles, médicinales, et autres (bois de construction, glue, couvre sol …), et tout pour la faire pousser (propagation, culture). Plus de 7000 plantes sont disponibles, et interrogeables par un moteur de recherche.

Mais le plus beau, c’est que cette base de données est diffusée sous licence libre, et que donc chacun peut l’utiliser et la modifier s’il en respecte les termes. Comme je trouvais le moteur de recherche très en deçà des possibilités de la base, j’ai commencé à créer une interface d’interrogation plus puissante pour mes besoins personnels.

Après une quantité d’heures phénoménales (c’est fou comme ça prend du temps ces choses là), j’ai modifié le programme pour le rendre public, modifiant la bidouille pour qu’elle soit utilisable par Mme Michu, en un clic (sur Windows), sans avoir besoin d’être connecté, et pouvant être copié sur une clef USB ou gravé sur un CD. Malheureusement la base de données et l’interface sont en anglais.

Lien vers le site de permaflorae

Si vous utilisez mon programme et que vous voulez donner une petite pièce, c’est pas de refus :)

Interface de recherche

Profile d’une plante

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La viande, une extravagance sans gravité

MEAT, A Benign Extravagance est un livre écrit par Simon Fairlie, qui a le mérite de remettre certaines idées en place, et certains chiffres dans leur contexte.

Petit florilège des choses qui m’ont parues importantes, sur le mode « twitter » par manque de temps. Certains points vous sembleront peut être farfelues sans plus de détails, je vous invite à lire le livre que je recommande chaudement.

• Si le monde se mettait soudainement à un régime vegan, il n’y aurait pas plus de protéines disponibles. Cela vient du fait que dans les pays non industrialisés les animaux recyclent des denrées non comestibles (résidus de culture, déchets de préparation …). Source FAO (97).

• Les fameux 100 000 litres d’eau utilisés pour produire un kg de viande sont en fait l’eau de pluie qui tombe sur le champ où pousse le foin mangé par la vache.

• Un mode de culture permaculturel vegan peut subvenir aux besoins de 8 personnes sur un hectare de terre arable, alors que la version avec des animaux a besoin de 0,8 ha supplémentaires pour 7,5 personnes. Le régime vegan est donc deux fois plus efficace en terme de superficie.Cependant, l’agriculture vegan contient 64% de cultures annuelles (à opposer à pérennes) de plus que la culture omnivore. Les deux régimes nécessitent également autant de terres arables (c’est à dire que le régime vegan économise surtout des pâtures, qui ne peuvent pas forcément être utilisées pour faire pousser d’autres choses).

• Souvent « viande » = « Bœuf élevé aux USA nourri avec des céréales ou fourrages irrigués »

• Un élevage conduit de manière inefficiente et extravagante (c’est à dire des animaux nourris avec de la nourriture comestible aux humains) atteint les limites écologiques avant qu’il y ait une surpopulation humaine, et ainsi servir de tampon en évitant des conflits plus meurtriers.

• La marché des céréales pour la consommation humaine est très rigide, alors que l’élevage permet de rajouter un débouché en cas de surplus. La consommation de viande est très élastique, et sert donc de « banque » permettant de stocker les surplus de grains, et de faire face aux pénuries. Le fermier peut semer avec confiance des céréales, sachant qu’il y aura toujours un débouché, quelque soit le résultat.

• Si l’on considère un élevage qui ne monopolise pas les ressources disponibles pour les humains,  nourri avec les déchets des transformations alimentaires, les résidus de culture, la nourriture jetée, les déchets d’abattoirs et les patures, on obtient entre 1/3 et 2/3 de la production mondiale en terme de volume. Si l’on prend la moitié, cela revient à à peu près 20 kg de viande et 40 kg de fromage pour chaque personne et par an. Si on prend en compte les surplus de production de céréales les bonnes années, cela ajoute 10-15 kg.  Pour information la moyenne française de consommation annuelle est autour des 100 kg.

Ishmael

Bonne année à tous !

en cadeau, je vous livre le fruit du travail de quelques passionnés des livres de Daniel Quinn, qui ont numérisé le livre Ishmael, qui n’est plus édité depuis des années et très difficile à trouver.

C’est sans doute le livre qui m’a le plus marqué, et le meilleur des livres non-techniques de ma bibliothèque. Lecture vivement recommandée !

Fichier PDF pour lecture à l’écran (326 p.)

Fichier PDF pour impression (100 p.)

Site internet de l’initiative.

« Professeur cherche élève souhaitant vraiment sauver le monde. » Un homme d’une trentaine d’années, cherchant, un sens à sa vie, répond à cette annonce et découvre que le professeur est un gorille nommé Ishmael. S’engage alors entre eux un dialogue socratique surprenant, drôle et profond, sur de grandes questions tout à la fois philosophiques, historiques et morales : comment le monde en est-il arrivé là au fil des siècles? Peut-on encore sauver la Terre et Mère Nature en dépit des dommages qui leur ont été infligés? Ishmael met en cause notre modèle de civilisation et notre notion du progrès. Il raconte comment l’histoire des hommes aurait pu être celle de toute la communauté du monde vivant. Alors surgit une question : le gorille une fois disparu, y aurat-il un espoir pour l’homme?

Lire la suite.

La charte de la Terre

La charte de la Terre est un bon approfondissement de l’éthique de la permaculture. Je passerai sur l’utilisation de l’expression « développement durable », qui ne me convient pas vraiment. Je copie ci-dessous les grandes sections, sans reprendre les points détaillés de la charte.

RESPECT ET PROTECTION DE LA COMMUNAUTÉ DE LA VIE

  • Respecter la Terre et toute forme de vie.
  • Prendre soin de la communauté de la vie avec compréhension, compassion et amour.
  • Bâtir des sociétés démocratiques, justes, participatives, durables et pacifiques.
  • Préserver la richesse et la beauté de la Terre pour les générations présentes et futures.

Pour réaliser les quatre engagements généraux précédents, il est nécessaire d’adopter les
principes suivants :

INTÉGRITÉ ÉCOLOGIQUE

  • Protéger et rétablir l’intégrité des systèmes écologiques de la Terre, en particulier la diversité
    biologique et les processus naturels qui assurent le maintien de la vie.
  • Empêcher tout dommage causé à l’environnement comme meilleure méthode pour le
    préserver et appliquer le principe de précaution là où les connaissances sont insuffisantes.
  • Adopter des modes de production, de consommation et de reproduction qui préservent les
    capacités régénératrices de la Terre, les droits de l’homme et le bien-être commun.
  • Faire progresser l’étude de l’écologie durable et promouvoir le libre l’échange et l’application
    élargie des connaissances acquises.

JUSTICE SOCIALE ET ÉCONOMIQUE

  • Éradiquer la pauvreté en tant qu’impératif éthique, social et environnemental.
  • S’assurer que les activités et les institutions économiques à tous les niveaux favorisent le développement humain de manière juste et durable
  • Affirmer l’égalité et l’équité des genres comme condition préalable au développement
    durable et assurer l’accès universel à l’éducation, aux soins de santé et aux possibilités
    économiques.
  • Défendre le droit de tous les êtres humains, sans discrimination, à un environnement naturel
    et social favorisant la dignité humaine, la santé physique et le bien-être spirituel, en portant une
    attention particulière aux droits des peuples indigènes et des minorités.

DÉMOCRATIE NON-VIOLENCE ET PAIX

  • Renforcer les institutions démocratiques à tous les niveaux et promouvoir une gouvernance
    qui obéisse aux principes de transparence et justiciabilité, ainsi que la participation de tous dans
    la prise de décision, et l’accès à la justice.
  • Intégrer au système d’éducation et à la formation continue les connaissances, les valeurs et
    les compétences nécessaires à un mode de vie durable.
  • Traiter tous les êtres vivants avec respect et considération.
  • Promouvoir une culture de tolérance, de non-violence et de paix.

Par « The Earth Charter Initiative« .

Festival de permaculture cet été

Pour ceux qui ne seraient pas au courant, le premier festival français au monde de tous les temps se déroulera à Sambourg les 21, 22 et 23 août.

Plus d’infos : http://festival.permacultureweb.fr/

Je serai présent au festival et au cours de certification qui aura lieu avant.

Est-ce que certains d’entre vous ont prévu de participer à l’un des deux évènements ? Ça pourrait être l’occasion de se rencontrer !

L’équation de Kaya

Cet article est une introduction à un article de Jean-Marc Jancovici. L’équation de Kaya est un petit tour de passe passe mathématique qui permet de cerner certains des futurs enjeux en ce qui concerne le dérèglement climatique et de remettre en cause certaines de nos croyances (ou du moins celles de nos gouvernements).

L’équation démarre de la simple égalité CO2 = CO2. Comme tout le monde le sait, quelque soit x, on a x/x =1. On va donc multiplier trois fois la partie droite par x/x, où x prendra successivement la valeur de la consommation énergétique (TEP), le PIB et la population. En décalant les dénominateurs on va, sans changer la valeur de l’équation, exprimer les émissions de gaz carbonique en fonction de plusieurs paramètres, à savoir le contenu en CO2 de l’énergie (c’est à dire le pouvoir d’effet de serre d’un type d’énergie), l’intensité énergétique de l’économie (la quantité d’énergie qu’il faut utiliser pour produire de la richesse), de la production par habitant et de la population.

Équation de Kaya

Équation de Kaya

Partant de l’hypothèse qu’il faut réduire par deux les émissions de CO2 d’ici 2050, il faut également réduire la partie droite d’un facteur 2. En se basant sur les prévisions d’augmentation de la population et de croissance, Jancovici déclare que la réduction va devoir se faire sur un facteur 10 sur les deux variables restantes. Analysant le gain d’efficacité dès 35 dernières années et en prolongeant cette tendance, il en déduit un gain optimiste d’un facteur 2 seulement pour l’intensité énergétique de l’économie.

Il reste donc à gagner un facteur de 4 ou 5 sur la variable représentant le contenu en CO2 de l’énergie, tout en sachant que le gain n’a été que de 10% durant les 35 dernières années, et que la consommation d’énergie va doubler jusqu’à 2050 (conséquence des hypothèses faites sur les trois autres variables, c’est à dire une plus grosse population consommation plus d’énergie, qui ne sera pas compensé par le gain d’efficacité). En prenant également en compte une déplétion des énergies fossiles, Jancovici en arrive à un gain nécessaire d’un facteur 7 sur les énergies qui ne dégagent pas de CO2  (nucléaire, hydroélectricité, biomasse, éolien, solaire).

Est-ce réalisable ? Jancovici en doute.

La solution résiderait alors, avec l’utilisation d’énergies moins émettrices de CO2, et une efficacité accrue, de réduire également les autres facteurs que sont la production (et donc la consommation) et la population. Ce qui va à l’encontre des croyances et des prévisions de nos gouvernements.

Je vous conseille d’aller visiter et de vous perdre dans le dédale des pages du site de Jean-Marc Jancovici, qui est une mine d’informations.