pollution

Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme

Système poule

Comportements, produits, besoins et caractéristiques d'une poule

En permaculture, une grande attention est portée à l’interconnexion des systèmes, c’est à dire la densité des liens qui existent entre les composants d’un système. D’ailleurs la diversité du système est plus fonction du nombre de liens et des types de liens entre éléments, que du nombre et du type d’éléments eux-mêmes.

Cette vision se retrouve dans deux principes de la permaculture qui sont qu’un élément doit assurer plusieurs fonctions (efficacité), et qu’une fonction doit être assurée par plusieurs éléments (robustesse). Par exemple une poule ne produit pas que des oeufs et de la chaire, mais elle gratte et incorpore, mange des insectes, produit de la chaleur. De nombreuses stratégies existent pour se servir de tout ce que procure une poule :

  • amener les poules sur un coin de potager dont les cultures viennent d’être ramassées. Les poules vont « nettoyer » le champ des insectes qui restent, et le fertiliser avec leurs déjections;
  • connecter le poulailler et le verger. Les poules vont manger les larves d’insectes qui pondent dans les fruits qui sont tombés à terre;
  • connecter le poulailler et une serre, pour que la chaleur des poules profite à la serre[1].

On peut donc symboliser un système par ses entrées (besoins) et ses sorties (produits, services). Tout le but est alors de connecter les sorties d’un système aux entrées d’autres systèmes. On retrouve un autre principe de la permaculture, qui est que le problème est la solution. Pour reprendre une expression de Bill Mollison, il ne faut pas voir dans une prolifération de limaces une surpopulation, mais une déficience de canards.

Que se passe t’il lorsque dans un système aucun sous-système ne pourvoit à un des besoins d’un autre sous-système ? Par exemple si les poules ne peuvent pas se nourrir toutes seules ? Eh bien il faut alors que l’Homme se charge de remplir ce besoin à la place du système (par exemple en apportant du grain qu’il a cultivé ou acheté). Cette intervention se traduit en temps et/ou en énergie dépensés.

À l’inverse, qu’arrive t’il si un des produits n’est pas réutilisé par un autre élément du système ? Dans certains cas, cela va amener de la pollution. On peut penser aux élevages de poules en batterie qui produisent des tonnes de déjections encombrantes, qui seraient valorisées dans un système permaculturel (mais ici le problème vient aussi de l’échelle de taille).

Bien sûr, tous ces principes sont à rapprocher du principe fondamental de la permaculture, à savoir travailler avec la nature et non contre elle. L’interconnexion des systèmes est une des caractéristiques fondamentales des écosystèmes naturels. Elle apporte à ces systèmes des qualités d’efficacité et de robustesse, à comparer à nos systèmes qui sont énergivores et polluants.

(L’idée de cet article m’est venue à la lecture du livre « Graines de permaculture »).

[1] Pour nuancer cette invention ingénieuse, voir l’article In Search of the Fabled Permaculture Chicken/Greenhouse, de Rob Hopkins.

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